Economie de Communion - La culture du don

L’année 2016, generic c’est pour l’EdeC l’année des « noces d’argent ». Sur quoi nous concentrer et quels vœux formuler pour tous les acteurs de l’EdeC ? Nous l’avons demandé à Luigino Bruni, mind coordinateur du projet.

En 2016, here l’EdeC aura 25 ans. Comment s’ouvre cette importante étape de l’EdeC ?

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D’abord dans la joie, la joie d’être en vie et d’avoir grandi en 25 ans. Pour une personne, 25 ans, c’est l’entrée dans la vie adulte et professionnelle ; pour une réalité collective et mondiale comme l’EdeC, les « noces d’argent » ne sont qu’une étape sur un long chemin, mais elle montre que nous avons affaire à un mouvement capable de durer, promis à un avenir : pas un feu de paille mais une grange pleine de bon foin nourrissant et chaud.

Y a-t-il un aspect, une réalité qui te tient spécialement à cœur en ce 25ème anniversaire ?

Il y a au moins trois centres d’intérêt. Le premier, ce sont les pauvres. Dans mon cœur ils ont la primauté. Je ne pourrai jamais oublier les nombreuses fois où Chiara Lubich, alors que nous travaillions ensemble, m’a dit : « Luigino, étudie, étudie mais n’oublie jamais que c’est pour les pauvres que j’ai fait naître l’économie de communion ». En ce temps où le capitalisme,Luigino Bruni AD 2015 rid qui ressemble toujours plus à une religion païenne, oublie les pauvres, absorbé qu’il est par les nouveaux cultes de la méritocratie et de l’efficience, nous, en tant qu’économie de communion, nous avons le devoir moral et spirituel de remettre les pauvres au centre du système économique, politique et social. Le degré de civilisation d’un peuple se mesure aux conditions de vie des derniers, à leurs droits, à leurs effectives libertés. L’économie de communion est apparue sur terre pour, avant tout, répondre à l’appel des pauvres criant justice et libération. Ce cri, les entrepreneurs et tous les acteurs de l’EdeC l’ont toujours écouté et se sont efforcés d’y répondre, mais en la fête de ce 25ème anniversaire nous devrions saisir toutes les occasions de remettre l’option pour les pauvres à la première place de l’économie de communion. Bien sûr, faire de bonnes entreprises est le moyen nécessaire au but de l’EdeC (un monde sans misère), mais – l’histoire nous l’enseigne – il peut arriver que le moyen devienne peu à peu le but.

Et les deux autres centres d’intérêt ?

Sao Paulo 2015 ridLe second, c’est les entrepreneurs. 25 ans après le lancement de l’EdeC, la continuité est nécessaire, mais aussi un changement de génération, parce que le principal pilier du projet reste encore les quelques centaines d’entrepreneurs hommes et femmes qui ont adhéré à la première proposition faite en 1991. Ces « pères et mères fondateurs » sont aujourd’hui encore un pilier essentiel, mais qui ne suffit plus pour bien parvenir aux « noces d’or ». Il est urgent que de nombreux jeunes entrepreneurs adhèrent à l’EdeC en y apportant leur enthousiasme, leur jeunesse, leur créativité.
On comprend donc que le troisième centre d’intérêt auquel je tiens tout spécialement, ce sont les jeunes. Ils sont le présent, pas seulement l’avenir, parce que leur présence rend tout plus beau, plus joyeux, plus fécond. Au cours des dernières années nous avons mis en route un projet jeunes qui porte de bons fruits et que nous renforcerons en 2016 avec un grand projet d’incubateur mondial, pour la naissance de nouvelles entreprises EdeC.

Le projet d’incubateur mondial représente un saut en avant pour tout le projet et nous en parlerons donc beaucoup sur notre site, mais en conclusion, quels souhaits devons-nous tous formuler pour le 25ème anniversaire ?

Nous devons nous souhaiter les uns aux autres au moins deux choses : que cet anniversaire soit, comme tout autre, celui de la mémoire. La mémoire, dans l’humanisme biblique, n’est pas un simple rappel du passé, moins encore la nostalgie, mais c’est un retour du cœur, du cœur collectif surtout, aux moments fondateurs d’une expérience communautaire, aux grandes promesses,Sao Paulo 02 rid aux rêves, à l’alliance, pour pouvoir aujourd’hui redire, ici et maintenant, un nouveau oui, individuel et collectif. La foi a toujours besoin de renouveau car, comme le disait le grand Edgar Morin : « ce qui ne se régénère pas dégénère ».

Le second souhait est que l’année 2016 soit une année de relance à tous les niveaux de l’EdeC, mais aussi au sein du Mouvement des Focolari, qui est la « mangeoire » dans laquelle elle est née. Beaucoup de jeunes qui participent au Mouvement des Focolari ne connaissent pas le projet, mais beaucoup d’anciens doivent aussi redécouvrir une EdeC qui, tout en restant le même « petit enfant » qu’en 1991, a grandi entre temps, est sorti de la maison, a rencontré beaucoup de gens et a mûri.
Que ce soit donc une année d’annonces sur les toits, à tout le monde, et une année de nouvelle conviction que l’Économie de communion non seulement est réalisable, mais qu’elle est nécessaire au monde si nous voulons que nos enfants connaissent à l’avenir un ciel plus beau.

Entretien avec Muriel Fleury, visit directrice de la revue Nouvelle Cité et avec Paul Wirth, engagé dans le dialogue interreligieux en France. Propos recueillis par Radio inBlu.

Paru dans Focolare.org le 17/11/2015

Parigi rid“Nous sommes consternés et horrifiés en présence de ces massacres. Mais en même temps nous sommes très surpris par l’impact international, par toutes les manifestations de soutien et nous nous sentons responsables au regard des réponses que nous devrons donner ».

C’est la voix de Muriel Fleury, directrice de Nouvelle Cité, la revue française des Focolari, A la question posée par Radio inBlu : « Comment donc se fait-il que c’est précisément en France, où les parcours d’intégration ont précédé ceux d’autres pays européens, que l’on constate des événements de ce genre ? », elle répond :

“Si d’une part, dans notre histoire nous avons réussi à intégrer d’autres peuples, il semble qu’au cours des dernières années nous sommes restés un peu en arrière. Nous voulons une société multiculturelle, c’est-à-dire l’accueil des autres, mais sans toujours tenir compte de leur culture, de valeurs qui sont assez différentes des nôtres. C’est pourquoi tous les lieux où nous pouvons avoir des moments de dialogue, de rencontre, d’un authentique échange culturel et aussi religieux, doivent être développés. Parce que le fait de ne pas nous être rencontrés au sens vrai, fait que nous sommes aujourd’hui dans une situation tragique ».

A ce propos Paul Wirth, membre des Focolari engagé dans le dialogue interreligieux, déclare: « Je fais partie d’un groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC), qui existe dans toute la France: chaque année nous faisons une semaine de rencontre (la dernière avait débuté le 12 novembre…). Nous sentons qu’il est très important de faire connaître tout cela, pour que les personnes distinguent les vrais musulmans de ceux qui prétendent l’être, mais renvoient une image de haine ».

Et pour ce qui est de la réaction des amis musulmans face aux attentats de vendredi soir, il répond: « Beaucoup d’associations musulmanes ont rédigé des communiqués dénonçant ces actes comme barbares, inadmissibles; ces musulmans se sentent proches de toutes les victimes, de leurs familles. Aujourd’hui encore j’ai vu de nombreuses association musulmanes dire que c’est un moment difficile, mais nous, chrétiens, nous croyons que ces événements tragiques ne changent pas les relations d’amour fraternel que nous avons établies entre nous ».

Dans son analyse, Muriel Fleury, directrice de Nouvelle Cité, pointe d’autres causes de ce malaise: « Pour des raisons qui sont aussi d’ordre économique il semble que nous ayons abandonné des quartiers entiers, où désormais la police ne se hasarde plus à entrer. Et le fait d’avoir renoncé à s’occuper de cette jeunesse étrangère, de ne pas lui avoir trouvé une saine occupation, de ne pas avoir été proche d’elle, fait qu’aujourd’hui certains jeunes se sont rapprochés de groupes radicaux pseudo-religieux, qui ont enrôlé beaucoup d’entre eux en les conduisant vers un type d’intégrisme dont aujourd’hui nous voyons les résultats ».

D’où faut-il alors repartir pour recoudre un tissu aussi complexe? « Le problème – conclut Muriel Fleury – est que nous sommes en France où nous avons engendré un certain vide spirituel. La laïcité à la française a conduit à la négation de la dimension spirituelle de l’homme. Aujourd’hui il y a un nouveau chemin à faire, précisément pour développer la culture de la rencontre, du vivre ensemble. Pour ce faire, l’un des moyens sera que les religions puissent travailler ensemble, et aussi avec la République. Aujourd’hui il y a déjà des signaux qui vont dans ce sens, qui cherchent à trouver des solutions qui puissent tenir compte de toutes les voix et des diverses religions ».

Un article de la revue Nouvelle Cité:

http://www.nouvellecite.fr/continuer-creer-de-la-valeur-humaine-et-economique/

 

Conférence et table ronde / débat organisées par le Centre de Recherche en Entrepreneuriat Social (CRESO) et la Chaire Humanisme de l’Université Catholique de Lyon (UCLy)

L’économie au risque de la relation.

Logo Parigi Bruni          Mercredi 28 janvier 2015 à 18h15
Campus Carnot – Amphi D001b
Université Catholique de Lyon
23 place Carnot
69002 Lyon

Conférence par Luigino Bruni, professeur d’économie à l’Université LUMSA de Rome, coordinateur de l’Economie de Communion, auteur du livre « La blessure de la rencontre. L’économie au risque de la relation« .

Ouverture de la soirée par le P. Thierry Magnin, Recteur de l’UCLy
Table ronde / débat avec: Pierre-Yves Gomez, EM Lyon, Dominique Coatanéa, UCLy, Emmanuel Gabellieri, UCLy

Ici  invitation

Pour infos : +33 04 72 32 50 88 –  creso@univ-catholyon.fr

Inscriptions online : avant le 26 janvier 2015.

La revue Nouvelle Cité dans son numéro de mars-avril 2011, consacre son dossier principal à « l’économie, une affaire de don », s’inscrivant dans le contexte de la crise économique actuelle comme une force de réaction et de proposition innovante qui met réellement l’économie au service de l’homme.

Les pages sur l’économie de communion en soulignent le sens – une utopie en marche-, l’illustre par des témoignages de terrain en France et en Belgique, et en montre les perspectives, à l’occasion des 20 ans de cette initiative.

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Dans son encyclique « l’amour dans la vérité » qui aborde les questions économiques et sociales, le pape fait référence à ‘une économie civile et de communion’. Luigino Bruni, référent international de l’initiative « Economie de communion » apporte son commentaire.

Lire l’article (Nouvelle Cité N° 535 p.10-11): NC-535-10-11

tablée VSJAu coeur de ce village breton, l’accueil des blessés de la vie a pris racine. Le fruit de dix années de péripéties et de conviction de tous les acteurs de cette initiative liée à l’économie de communion.

Lire l’article (Nouvelle Cité septembre 2009 N° 535 p.12-13)

0709jean-guyConjuguer la foi et les affaires. Tel est le défi que relève quotidiennement Jean-Guy, patient responsable d’un cabinet d’assurances dans l’Ouest de la France, there adhérant à l’initiative de l’Économie de communion.

Lire: Nouvelle Cité, Septembre 2007

couv NC 518Un dossier Société de la revue Nouvelle Cité (4 pages).

Une expression de la culture du don: illustrations

Lire le dossier (Nouvelle Cité N° 518 -p06-09)

0506fredL’Économie de communion, decease comment ça marche réellement sur le terrain ? Nous avons rencontré Frédéric Dupont, gérant principal d’une SARL familiale qui emploie 11 personnes. C’est une entreprise d’aménagement de jardins à Toufflers, dans la banlieue de Lille.
Nouvelle Cité, Mai 2005