Economie de Communion - La culture du don

Cover Edc42

Un bref rapport sur la vie de l’Economie de communion dans le monde, daté février 2016, est disponible à l’adresse suivante:

http://www.edc-online.org/fr/publications/rapport-edec/rapport-edec-2014-2015.html

2015: une année à retenir. Onze projets en cours dans le monde, pour créer et renforcer 350 emplois.

Par Francesco Tortorella

du Rapport ÉdeC 2014-2015, sur « Economie de Communion – une culture nouvelle » n.42 – Encart rédactionnel inséré dans Città Nuova n. 2 – 2016 – février 2016

N42 Pag 04 Tortorella autore ridLorsque la collaboration entre EdC et AMU1 s’est intensifiée, il y a une dizaine d’années, les «aides» fournies aux personnes dans le besoin dans le monde concernaient l’accès à l’éducation et l’assistance aux besoins de base (nourriture, soins médicaux, logement). Dès le début, l’objectif principal de la collaboration était d’aborder la pauvreté le plus «en amont», visant à créer de l’emploi, du travail décent et stable. Un objectif ambitieux et complexe qui, contrairement à l’assistance, exige beaucoup de compétences humaines et professionnelles pour gérer des projets et accompagner les bénéficiaires, dans un parcours d’engagement et de réciprocité.

Nous avons donc renforcé ces dernières années la capacité à gérer des projets de certaines organisations locales inspirées par l’EdC, un travail qui est en train de porter ses fruits. En 2015, nous avons suivi 11 projets en cours, qui sont en train de créer 350 emplois, pour un investissement total de 500.000 Euros.

Au Brésil , sur un vieux domaine où travaillaient des familles descendantes d’anciens esclaves africains, N42 Pag 04 Progetti Brasile ridnous avons accompagné la conversion de la production en agriculture biologique familiale, mettant sur pied la transformation des fruits en produits de confiserie et de l’artisanat à partir des matières premières végétales. L’activité implique maintenant environ 25 familles et elle est coordonnée par l’ONG locale Instituto Mundo Unido.

Toujours au Brésil, nous avons travaillé à la création d’un bureau d’études au sein de l’Association Nationale Pour une Economie de Communion (ANPECOM). La formation du personnel, l’élaboration des statuts et la création d’un Fond de Réciprocité locale a permis cette année de lancer le Programme de Développement des Entreprises Inclusives et de Communion: un nouvel instrument pour inciter et renforcer des entreprises qui favorisent l’insertion économique des personnes défavorisées. Chaque année seront sélectionnés les meilleurs projets, qui seront accompagnés par des professionnels de l’ANPECOM et partiellement financés avec les bénéfices des entreprises EdC dans le monde.

N42 Pag 04 Progetti Argentina ridEn Argentine, le premier projet de tourisme soutenable et solidaire du Pays va impliquer 83 familles de 5 communautés indigènes dans une extraordinaire expérience de communion. Avec eux, nous réhabilitons  les habitations et nous fournissons les compétences techniques nécessaires pour héberger des touristes, en améliorant la production agricole et artisanale, de façon à obtenir un revenu digne pour les familles impliquées. Le responsable du projet est la Fundación Comisión Católica Argentina de Migraciones.

En  Bolivie nous avons mis en place un Fond de Microcrédit à l’intention des personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire normal, géré par la Fundación UniSol en collaboration avec la commission EdC locale. Le projet est intégré par des cours de formation, du conseil et de l’accompagnement pour renforcer l’activité professionnelle et acquérir des compétences de gestion: jusqu’à ce jour elle a financé le lancement et la consolidation d’environ 40 micro-entreprises.

Au Paraguay, on est en train de terminer le projet de renforcement de petites entreprises familiales  en collaboration avec l’Asociación Civil UniPar et la commission EdC locale. En soignant la partie administrative, la formation à la gestion, l’amélioration des équipements et des locaux et l’augmentation de la commercialisation, il a été possible d’obtenir une amélioration de la qualité de vie des familles impliquées, permettant aux enfants de faire des études et aux parents de se soigner et d’améliorer leurs logements.

A Cuba nous avons soutenu la naissance de la coopérative de conseil Gestar, comme incubateur au service des nouvelles entreprises en gestation. Une première expérience N42 Pag 04 Progetti Cuba ridd’incubation déjà réalisée est celle des premiers pas d’une ferme biodynamique.

Aux Philippines, on continue l’insertion au travail d’une vingtaine de jeunes des rues, à travers la production de tapisseries et autres objets de décoration de haute qualité, pour le marché intérieur et international. Une vingtaine de jeunes sont impliqués, en collaboration avec le Mouvement des Focolari local.

Et puis il y a aussi des pauvretés en Europe, qui, en ce moment historique, montre principalement le visage des chômeurs  et des réfugiés.

Au Portugal nous avons commencé un projet d’orientation professionnelle, avec soutien psychologique, conseil juridique et administratif pour le lancement de micro-entreprises, rencontre entre demande et offre de services à la personne, espaces d’incubation pour de petites activités artisanales, pour une cinquantaine de bénéficiaires au total. Le projet est coordonné par l’ONG locale AMU-Portugal et utilise les locaux du Pôle EdC.

N42 Pag 04 Progetti Filippine ridEn Italie est sur les rails un projet innovant d’insertion socio-économique pour 50 jeunes en situation d’extrême exclusion, réfugiés débarqués en Sicile sans famille et italiens. Ils fréquentent des cours de formation professionnelle et des apprentissages au travail, avec l’accompagnement de psychologues et d’éducateurs et le soutien d’un réseau national de familles et d’entreprises.  Le responsable local du projet est la coopérative EdC Fo.Co., avec la participation de AFN Azione per Famiglie Nuove onlus. Encore en Italie, en collaboration avec l’AIPEC, nous avons soutenu en Campanie la requalification professionnelle de personnes atteintes de dépendances, au sein d’un parcours communautaire de réhabilitation en agriculture sociale géré par la coopérative Demetra. A Gênes, nous soutenons le programme de l’Associazione Città Fraterna onlus pour l’assistance aux familles victimes du chômage, avec l’objectif de les accompagner dans la requalification professionnelle et l’insertion au travail.

Enfin, au cours de 2015 nous avons financé  193 bourses d’études et l’assistance de base à 495 familles dans 11 pays du monde.

Azione per un Mondo Unito onlus, ONG de coopération international de développement www.amu-it.eu

Des entrepreneurs et des travailleurs ont offert temps, sale professionnalisme et ressources pour faire naître de nouvelles entreprises. C’est une première réponse aux appels du pape François pour une économie qui n’oublie pas les pauvres.

Par Alberto Ferrucci

N42 Pag 03 Alberto Ferrucci AutoreL’Economie de Communion a franchi la ligne de ses 25 ans. En vérité elle naît en 1943, decease d’une intuition de Chiara Lubich jeune, search cueillie de l’Evangile, alors qu’elle était dans les refuges sous les bombardements: elle pouvait répondre à l’immense amour de Dieu pour elle, dans le temps peut-être bref qui lui restait, en reversant son amour vers ceux  qui, autour d’elle, étaient terrorisés et déboussolés, en particulier ceux qui étaient les plus faibles, souffrants et isolés.

Aujourd’hui encore il y a des personnes terrorisées par les bombes: l’écho de leur déchirement nous parvient par les médias – dans les paroles de ceux qui ont fui après avoir tout perdu et dans les images de plages ça et là avec des corps abandonnés d’adultes et d’enfants dont on a volé la vie avant l’heure.

Là où pour des calculs politiques et économiques (dont nul n’est exempt) s’est évaporé l’état de droit, revient la barbarie des siècles passés, mais vécue avec les armes d’aujourd’hui, celles qui dissuadent les états modernes de réparer les dommages causés, parce qu’on ne veut pas risquer la vie pour d’autres gens, une situation sans issue dans laquelle seuls un petit nombre d’inconscients voudraient être à la place de ceux qui gouvernent.

Comme Chiara en 43 et après, nous pouvons renverser les situations: aujourd’hui des soldats de pays pacifiques aident à éviter des guerres sanglantes en Irak, au Liban, au Kosovo, au Mali, au Soudan et ailleurs, mais leur action n’est pas suffisante pour amorcer une paix véritable et il ne suffit donc pas de verserN42 Pag 03 Editoriale Imprenditori Edc des impôts pour financer des armées qui empêchent des conflits sanglants. Et il ne suffit pas non plus d’attendre que quelqu’un me dise quoi faire: comme dit le pape François, c’est à moi, “périphérie”, qu’il appartient de m’apercevoir des besoins de qui se trouve près de moi, et comme Chiara en 43, d’agir, en demandant à l’associé inconnu, le Tout-Puissant, le discernement ou comment construire la paix en faisant fructifier le talent de la communion.

L’Association pour l’Economie de Communion, discount AECOM, vous invite à participer à une conférence sur l’économie.

L’Economie de Communion: nouveaux outils et nouvel agir économique pour la croissance de son business.

160209 Corneille Pole Pole ridSamedi 27 Fevrier 09h45 à 12h30
Salle de la paroisse Notre Dame de Fatima
1353 avenue Tombalbaye,
Croisement avec l’av. Démocratie (ex-Huileries)
Kinshasa/Gombe

Ce séminaire permettra de vous enrichir d’expériences d’entrepreneurs qui ont réussi en osant mettre en pratique ce modèle économique dans différents secteurs d’activités.

Vous pouvez vous inscrire en envoyant un email à aecom.rdc@gmail.com ou un sms au 081 50 48 273 (Ernest Pole Pole).  La date limite des inscriptions est fixée au mercredi 24 février 2016.

Entrée : gratuite

Info :

Corneille Kibimbwa, Economiste et Président de l’AECOM, Tél. : 099 81 20 931

Ernest Pole Pole, Membre de la commission de l’AECOM, Tél. : 081 50 48 273

AECOM asbl – Association pour l’Economie de Communion
Siège social : N°354d, 4ième rue Limete industriel, Kinshasa – RDC
Email : aecom.rdc@gmail.com

Une école d’anglais, cure parmi les premières entreprises de l’Economie de Communion. Priorité au rapport avec les étudiants : ses caractéristiques et la clé de son succès.

Par Anouk Grevin

The Voice 02Nous arrivons à l’école en bus, purchase à quelques minutes de la mer, viagra order Andy nous accueille le sourire aux lèvres. Comme tous les enseignants, elle connaît chaque étudiant par son nom et elle le suit durant tout son séjour à Malte, ainsi que sa famille d’accueil. Plusieurs personnes travaillent avec elle : Vivienne, qui a suivi l’école depuis sa naissance, Maria, qui pendant des années a travaillé à la direction du ministère de l’Education et offre maintenant son expérience comme responsable de l’école et Marilyn, qui a rejoint l’équipe il y a deux ans comme directrice d’études.

The Voice” naît en 1992 où quelques jeunes décident de répondre au défi lancé par Chiara Lubich de faire naître une économie de communion : après plus de 20 ans, ces jeunes continuent à collaborer en tant que familles d’accueil pour les étudiants. Vivienne, responsable de l’école durant plusieurs années, raconte : « J’avais déjà créé une entreprise, mais face à beaucoup de difficultés j’avais abandonné l’initiative et je m’étais promis de ne plus recommencer. Avec The Voice, cependant, c’était différent : j’ai tout fait pour queThe Voice 04 l’institution ne meure pas. C’était un projet pour lequel cela valait la peine de lutter ».

Ceux qui gèrent les autres écoles d’anglais à Malte (il y en a aujourd’hui 47 dans l’ile) n’arrivent pas à comprendre comment The Voice puisse encore « vivre » : économiquement cela semble impossible. « Les autres écoles ont de grands groupes alors que nous tenons à garder des groupes de 5 à 8 étudiants par classe, ce qui implique un plus grand nombre de professeurs », explique Marilyn.

Le rapport personnel devient une méthode pédagogique, clé pour un bon apprentissage linguistique, tellement lié à la confiance, surtout lorsqu’il s’agit de développer des capacités en communication orale. Avec la même disponibilité et délicatesse, les familles d’accueil continuent le soir le dialogue avec les étudiants, mettant à profit tous les instants pour les aider à progresser.

Cette priorité donnée à la relation est définie par Vivienne comme le signe distinctif de l’école, son identité. Le climat de famille est palpable et cela ressort de toutes les impressions The Voice 03des étudiants. « Ici j’ai rencontré des amis et des professeurs très sympathiques qui m’aiment bien », affirme Karina. Raffaella ajoute : « le fait d’avoir une enseignante plus jeune que moi m’a donné du courage pour chercher du travail quand je rentrerai chez moi, et pouvoir donner moi aussi le meilleur de moi-même, comme elle ».

L’école a fait un choix, conforme à ses valeurs et à son engagement dans l’Economie de Communion, celui d’insérer régulièrement de nouveaux enseignants qui soient jeunes. C’est le cas de Claire, qui est maintenant animatrice et guide touristique pour les activités de l’après-midi. Les sorties, comme les heures d’étude, sont autant d’occasions pour grandir ensemble. Et Malte est un joyau au niveau culturel et historique : entre une visite aux temples préhistoriques et les splendides grottes bleues, on fait un petit plongeon dans les eaux cristallines. Le jour suivant, l’île de Comino et son Blue Lagoon, puis l’île de Gozo avec sa Citadelle, ou la visite de la capitale Valletta. Et de manière inattendue, sur la plage, un dialogue profond permet de donner un aperçu sur le projet de l’Economie de Communion qui se trouve à l’origine de l’école. The Voice 01Dernièrement The Voice a donné la possibilité à de nouveaux membres de participer à son groupe dirigeant, qui adhèrent aussi au projet de l’EdC. Parmi eux John, consultant en ressources humaines et management avec son expérience particulière et son intérêt dans le domaine touristique. Je souhaite de nouveaux développements ! ».

 

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Le premier Congrès Pan-Asiatique de l’EdeC se tiendra du 25 au 29 mai, à la Mariapolis Pace à Tagaytay City. Retenez la date !

160525 29 Tagaytay EoC Congress STD rid mod

L’invitation s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à une façon différente de concevoir l’économie et l’entreprise, basée sur la communion, la fraternité, la solidarité, en particulier avec les secteurs plus faibles de la société. Le congrès aura pour titre : « Économie de Communion : une économie pour tous« .

Le congrès réunira des entrepreneurs, des chercheurs, des jeunes et des membres de la société civile qui se sentent poussés à changer le monde des affaires.

Malgré la croissance économique sans précédent de ces dernières années, fruit d’une adhésion constante aux modèles économiques du capitalisme, les nations asiatiques se trouvent aujourd’hui face à de grands défis ; il nous faut les comprendre en profondeur pour saisir les changements significatifs et inclusifs que l’économie communion est en mesure d’offrir.

Le congrès bénéficiera de la contribution des économistes membres de la Commission Internationale EdeC – Luigino Bruni (Italie) – Anouk Grevin (France) – Lorna Gold (Irlande) – Teresa Ganzon (Philippines) et Luca Crivelli (Suisse). Invitée spéciale, la Professeure Annette Pelksman-Balaoing de l’Université de Rotterdam, Pays Bas, traitera de l’influence de la globalisation sur les nations asiatiques au cours des dix dernières années.

Les participants viendront de divers pays asiatiques ainsi que de l’Australie. Dans le cadre du congrès sera célébré le 25ème anniversaire la naissance de l’Économie de Communion, le 29 mai.

Allez sur le site EoC Asia
Registre

Plus d’infos : eocasia2016@gmail.com

L’atelier s’est déroulé dans le cadre de la mariapolis des Focolari de l’Océanie

Pinguini ridIls nous ont écrit de Philip Island, visit this site une très belle île dans la baie de Melbourne, clinic reliée par un pont à la terre ferme. Cette île est réputée, information pills outre pour son circuit de GP moto, pour la vue qu’on a, chaque soir au crépuscule, du retour sur la rive des plus petits pingouins du monde au terme de leur journée de pêche. Ces jours-ci s’y déroule une Mariapolis (rencontre estive typique des Focolari), avec 530 participants dont environ 150 provenant des îles de la Polynésie française.

« Je viens de participer à l’atelier qui s’est fait sur l’EdeC ; – nous raconte Andrew Camilleri – il a été très beau160114 Philip Island 02 rid et passionnant. Tout a commencé par une petite pièce de théâtre : une personne reçoit une visite et voudrait offrir quelque chose, mais elle n’a rien à la maison. Alors elle téléphone, appelle à l’aide quelques amis, et chacun apporte ce qu’il a. Les ingrédients réunis permettent de confectionner un beau gâteau que nous avons partagé tous ensemble à la fin de l’atelier. »

Andrew raconte la suite de l’atelier : l’expérience de Lorraine Lipson à l’aéroport de Dubaï160114 Philip Island 01 rid sx et les dernières nouvelles qu’elle a reçues ; la présentation des actions collectives des dernières années, notamment l’envoi aux Philippines des sommes réunies à la suite du typhon de 2013 (15.000 Au$ pour l’ensemble de l’Océanie) ; le projet AMU kiribati : une école maternelle qui a conclu sa deuxième année de vie scolaire dans l’une des îles les plus exposées à l’élévation du niveau de la mer.

En Australie aussi des semences de vie EdeC jetées dans la « bonne terre » attendent leur germination.

Lorraine Lipson nous a raconté la suite de l’expérience qu’elle a vécue à l’aéroport de Dubaï en mai dernier, page en allant et en revenant de Nairobi

Nos lecteurs se souviennent sûrement des rencontres vraiment spéciales qui ont marqué Lorraine Lipson 01 crop ridle voyage à Nairobi de la congressiste australienne Lorraine Lipson. Quelqu’un nous a demandé si nous savions comment s’est conclue l’histoire de la jeune kényane victime d’abus et de vol que Lorraine avait rencontrée à l’aéroport de Dubaï et dont elle s’était occupée en cherchant des contacts pour un travail.

Ces jours-ci, malady Lorraine a reçu de ses nouvelles par WhatsApp et nous met au courant de la situation : « J’ai reçu d’elle un très beau message de vœux pour l’année nouvelle. Elle me dit qu’elle ne pourra jamais oublier ce que j’ai fait pour elle à l’aéroport de Dubaï. Elle a maintenant trouvé un travail, sildenafil qui est peu payé, mais qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. Son fils de 10 ans peut maintenant aller à l’école et étudie très bien ».

Lorraine poursuit : « Ainsi, même si la promesse de l’entrepreneure américaine n’a pas pu se réaliser, Dieu a pourvu aux besoins de cette famille. C’est providentiellement que j’ai vu son message, car j’utilisais peu WhatsApp ; mais à partir d’aujourd’hui je l’utiliserai davantage parce que c’est un très bon instrument de partage ».

Merci Lorraine pour ces nouvelles : la jeune kényane que tu as rencontrée à Dubaï est restée dans le cœur de beaucoup d’entre nous !

L’année 2016, generic c’est pour l’EdeC l’année des « noces d’argent ». Sur quoi nous concentrer et quels vœux formuler pour tous les acteurs de l’EdeC ? Nous l’avons demandé à Luigino Bruni, mind coordinateur du projet.

En 2016, here l’EdeC aura 25 ans. Comment s’ouvre cette importante étape de l’EdeC ?

Logo Edc 25 it rid mod

D’abord dans la joie, la joie d’être en vie et d’avoir grandi en 25 ans. Pour une personne, 25 ans, c’est l’entrée dans la vie adulte et professionnelle ; pour une réalité collective et mondiale comme l’EdeC, les « noces d’argent » ne sont qu’une étape sur un long chemin, mais elle montre que nous avons affaire à un mouvement capable de durer, promis à un avenir : pas un feu de paille mais une grange pleine de bon foin nourrissant et chaud.

Y a-t-il un aspect, une réalité qui te tient spécialement à cœur en ce 25ème anniversaire ?

Il y a au moins trois centres d’intérêt. Le premier, ce sont les pauvres. Dans mon cœur ils ont la primauté. Je ne pourrai jamais oublier les nombreuses fois où Chiara Lubich, alors que nous travaillions ensemble, m’a dit : « Luigino, étudie, étudie mais n’oublie jamais que c’est pour les pauvres que j’ai fait naître l’économie de communion ». En ce temps où le capitalisme,Luigino Bruni AD 2015 rid qui ressemble toujours plus à une religion païenne, oublie les pauvres, absorbé qu’il est par les nouveaux cultes de la méritocratie et de l’efficience, nous, en tant qu’économie de communion, nous avons le devoir moral et spirituel de remettre les pauvres au centre du système économique, politique et social. Le degré de civilisation d’un peuple se mesure aux conditions de vie des derniers, à leurs droits, à leurs effectives libertés. L’économie de communion est apparue sur terre pour, avant tout, répondre à l’appel des pauvres criant justice et libération. Ce cri, les entrepreneurs et tous les acteurs de l’EdeC l’ont toujours écouté et se sont efforcés d’y répondre, mais en la fête de ce 25ème anniversaire nous devrions saisir toutes les occasions de remettre l’option pour les pauvres à la première place de l’économie de communion. Bien sûr, faire de bonnes entreprises est le moyen nécessaire au but de l’EdeC (un monde sans misère), mais – l’histoire nous l’enseigne – il peut arriver que le moyen devienne peu à peu le but.

Et les deux autres centres d’intérêt ?

Sao Paulo 2015 ridLe second, c’est les entrepreneurs. 25 ans après le lancement de l’EdeC, la continuité est nécessaire, mais aussi un changement de génération, parce que le principal pilier du projet reste encore les quelques centaines d’entrepreneurs hommes et femmes qui ont adhéré à la première proposition faite en 1991. Ces « pères et mères fondateurs » sont aujourd’hui encore un pilier essentiel, mais qui ne suffit plus pour bien parvenir aux « noces d’or ». Il est urgent que de nombreux jeunes entrepreneurs adhèrent à l’EdeC en y apportant leur enthousiasme, leur jeunesse, leur créativité.
On comprend donc que le troisième centre d’intérêt auquel je tiens tout spécialement, ce sont les jeunes. Ils sont le présent, pas seulement l’avenir, parce que leur présence rend tout plus beau, plus joyeux, plus fécond. Au cours des dernières années nous avons mis en route un projet jeunes qui porte de bons fruits et que nous renforcerons en 2016 avec un grand projet d’incubateur mondial, pour la naissance de nouvelles entreprises EdeC.

Le projet d’incubateur mondial représente un saut en avant pour tout le projet et nous en parlerons donc beaucoup sur notre site, mais en conclusion, quels souhaits devons-nous tous formuler pour le 25ème anniversaire ?

Nous devons nous souhaiter les uns aux autres au moins deux choses : que cet anniversaire soit, comme tout autre, celui de la mémoire. La mémoire, dans l’humanisme biblique, n’est pas un simple rappel du passé, moins encore la nostalgie, mais c’est un retour du cœur, du cœur collectif surtout, aux moments fondateurs d’une expérience communautaire, aux grandes promesses,Sao Paulo 02 rid aux rêves, à l’alliance, pour pouvoir aujourd’hui redire, ici et maintenant, un nouveau oui, individuel et collectif. La foi a toujours besoin de renouveau car, comme le disait le grand Edgar Morin : « ce qui ne se régénère pas dégénère ».

Le second souhait est que l’année 2016 soit une année de relance à tous les niveaux de l’EdeC, mais aussi au sein du Mouvement des Focolari, qui est la « mangeoire » dans laquelle elle est née. Beaucoup de jeunes qui participent au Mouvement des Focolari ne connaissent pas le projet, mais beaucoup d’anciens doivent aussi redécouvrir une EdeC qui, tout en restant le même « petit enfant » qu’en 1991, a grandi entre temps, est sorti de la maison, a rencontré beaucoup de gens et a mûri.
Que ce soit donc une année d’annonces sur les toits, à tout le monde, et une année de nouvelle conviction que l’Économie de communion non seulement est réalisable, mais qu’elle est nécessaire au monde si nous voulons que nos enfants connaissent à l’avenir un ciel plus beau.

Du Brésil, berceau du projet Économie de Communion (EdC) des Focolari, l’histoire d’une familles parmi tant d’autres, entrées dans le programme de rejet d’une pauvreté qui semblait sans issue.

Paru dans focolare.org

151228 taguatingaCela fait impression, découvrir que dans le monde n’existent pas seulement exploitation, concurrence déloyale, jeux d’intérêts. Il y a des entrepreneurs, comme par exemple ceux qui adhèrent au projet pour une Économie de Communion (EdC) – un millier dans le monde – qui, dans le fait de poursuivre l’objectif d’un profit qui assure vitalité et continuité à leur entreprise, veulent vivre la »culture du ‘donner’ » selon les finalités du projet lui-même : l’aide aux pauvres et la formation des nouvelles générations à une telle culture. Et pour que cela se réalise, ils mettent librement, à la disposition du projet, une partie de leurs bénéfices.

Socoro et Gomesbrésiliens, habitent à Taguantinga, ville du District Fédéral. Ils sont déjà parents de six enfants, lorsqu’il perd son travail à cause de sa dépendance à l’alcool.

Pour faire vivre la famille, elle travaille comme domestique à l’heure, mais les rentrées sont très minimes et les enfants, laissés seuls, sont désorientés au point que le plus grand, devenu adolescent, se laisse prendre par la drogue. Et c’est à partir de là qu’arrive une première aide de la part des Focolari : l’insertion du jeune ado dans la Fazenda da Esperança, une communauté d’aide animée par la spiritualité du Focolare.

Un autre problème s’ajoute pour la famille et c’est celui de la maison : même si celle-ci est presque délabrée et tout-à-fait insuffisante pour une famille aussi nombreuse, ils risquent de la perdre car ils ont arrêté de payer celui qui avait anticipé l’argent. Cette problématique a été présentée à la Commission EdC de leur région. Après une analyse attentive, on leur offre un prêt pour couvrir les arriérés, à restituer dans le temps, selon leurs possibilités. Entre-temps, Gomes commence une activité avec des bonbonnes de gaz, mais à cause de son problème d’alcool, il ne réussit pas à la garder avec un bilan positif. Ce sont des temps durs pour eux. Au grave malaise économique s’ajoutent des suspensions, des différends, un manque de dialogue. Au milieu de toutes ces difficultés, lui fait également un infarctus.

Alors qu’ils ne l’attendent absolument plus, Socoro se voit offrir un travail fixe, comme domestique dans la maison d’un cardinal, qui lui régularise la situation au niveau du travail et lui donne un salaire juste. Un jour, il se rend auprès de la famille et a une conversation importante avec Gomes, qui décide d’ en finir avec l’alcool et de changer de vie.

Par la suite, ils reçoivent aussi la visite de deux membres de la Commission EdC, venus pour vérifier la situation de l’habitabilité de la maison. C’est ainsi que peu de temps après, on propose leur insertion dans le programme Habitaçao, qui, dans le projet EdC prévoit l’assainissement et la restructuration des logements des familles extrêmement pauvres. « Quand je l’ai appris – confie Socoro – j’ai ressenti une grande émotion. J’avais la sensation que c’était Dieu lui-même qui nous donnait cette possibilité ». Le travail de restructuration est réalisé en grande partie par des personnes de la communauté des Focolari, dont certaines y travaillent de 5h30 du matin à 19h le soir. Maintenant dans le logement, il y a un salon, salle à manger, une salle de bains, la chambre pour les parents, une pour les filles et une pour les garçons.

Vivre dans une maison avec de telles possibilités aide celui qui y habite à retrouver sa propre dignité. Gomes, qui s’est complètement remis de l’alcool, semble être une autre personne. Les deux filles plus grandes fréquentent l’université grâce à une bourse d’étude. « En voyant les filles aussi concentrées à étudier – raconte Gomes – j’ai moi aussi senti le désir de m’inscrire à un cours pour adultes afin d’obtenir le diplôme du niveau des moyennes secondaires ». Malgré le fait que cela fait 38 ans qu’il n’étudie plus, c’est un défi qu’il veut relever. Dans la classe, il apprend à surmonter la honte de se sentir vieux, mais avec la bonne volonté, il réussit et y arrive. Lorsque les concours se font à la Banque du Brésil et au Ministère du Tourisme, il réussit à se classifier parmi les 200 premiers et est engagé à la banque avec la qualification d’employé.