Economie de Communion - La culture du don

Le projet Economie de Communion (EdC) débarque en Amérique centrale suscitant la curiosité des entrepreneurs en recherche de valeurs qui humanisent travail et production. Le témoignage d’un architecte.

Paru dans focolare.org le 26/12/2015

151228 guatemalaMême dans ce petit pays d’Amérique centrale, cure  dont l’ascendance indigène est très forte et donc sensible aux contrastes sociaux, on trouve neuf entrepreneurs guatémaltèques qui se sont inscrits au cours de l’EdC depuis juin dernier. Ils approfondissent ainsi, à raison d’une fois par mois, les fondements du projet, en faisant des rapprochements avec des expériences déjà en acte en d’autres parties du monde. « Le texte de base – explique Sandra Macario, coordinatrice du cours – est le livre de Bruni ‘le prix de la gratuité’, mais nous nous relions souvent par skype avec d’autres entrepreneurs EdC de la ville de Mexico et d’autres parties d’Amérique Latine ».

Le 26 novembre le cours a organisé un open day, en invitant tous ceux qui pouvaient être intéressés par un ‘buffet de fin d’année’ typique de ces pays, riches en arômes caractéristiques de maïs et de haricots. 40 personnes y étaient présentes. Maria Luisa Altamirano du Mexique y était l’hôte d’honneur ; elle a partagé son expérience d’entrepreneur et a suscité des questions et des approfondissements chez les participants. En plus des présents, l’entrepreneur brésilien Ismaël Yos a pris la parole, il avait participé au même cours au Brésil.

Parmi les témoignages, le récit de l’architecte guatémaltèque Jorge Mario Contreras a été particulièrement touchant. Il ne peut pas toujours compter sur des commandes permanentes, alors il a une réserve de travailleurs à qui s’adresser de temps en temps. Eux, savent bien qu’il n’y a pas beaucoup de travail et comprennent que, lorsqu’ils n’ont pas de contrat avec lui, ils doivent chercher ailleurs là où ils peuvent trouver du travail. Quelquefois on leur demande des travaux de toute urgence. Une fois par exemple ils devaient restructurer et rééquiper un centre de dialyse. Ils ont annulé le contrat avec une autre entreprise et donc suspendu le service, afin de répondre à l’urgence du début des travaux. Ils avaient besoin de maçons pour arranger les locaux, de techniciens pour remettre en route les machines. Contreras a présenté son offre, dont les conditions ont toutes été retenues favorables, 151228 JorgeMarioContreras sauf les temps de la remise des clés qui devaient être divisés par deux. Sinon le travail ne leur était pas assigné.

Un problème impossible à résoudre. La dernière carte à jouer était le dialogue avec les ouvriers. Un concept, celui du dialogue, que Contreras avait depuis longtemps compris et introduit comme pilier et de son activité. Un style de vie qui en ces moments de crise a montré toute son efficacité. Il a proposé aux ouvriers de faire deux tours, qui ont accepté à l’unanimité non seulement pour ne pas laisser échapper un travail mais aussi parce qu’ils avaient confiance en lui et entre eux. Contre toutes les prévisions techniques, le travail fut consigné à temps, et les patients en attente ont reçu leur traitement au moment prévu.

A une autre occasion, Contreras a reçu un coup de fil d’un de ses employés. C’était le matin de bonne heure, où normalement on ne devrait pas déranger le boss. Mais la situation était grave : la petite fille allait mal et avait urgemment besoin d’un médicament couteux et l’ouvrier n’avait l’argent pour l’acheter. Contreras l’a écouté comme un frère : « Je commence par prier pour ta fille, – lui dit-il – et dès que les banques ouvrent je ferai le versement nécessaire ». Contreras raconte qu’il a senti que son entreprise « était devenue une famille ».

Rapport de la 2ème journée des Journées Portes Ouvertes de l’EdC à Douala

par la Commission Edc Afrique Centrale

151121 22 Douala EdC 12 ridLes deux premières heures de la matinée de cette 2e journée ont été consacrées à la culture de communion dans la perspective du charisme de l’unite. Comme intervenants, nous avions : Steve Azeumo, Herve Nzeyimanaand William Fotso, tous membres de la commission EdC Afrique Centrale. Après avoir échangé le premier jour sur les différents défis en Afrique et comment y remédier, il s’agissait à présent de présenter aux participants, chacun à tour de rôle, sous le regard de l’EdC qui est expression du charisme de l’unité, la culture du don, l’hospitalité et la solidarité communautaire comme valeurs africaines ouvertes à l’universalité pour construire une fraternité universelle gage d’un développement durable.

Il est important de noter que les participants ont particulièrement admiré l’explication de la culture du don par l’exemple mathématique de la culture écologique ; c’est un exposé initial Prof. Luigino Bruni, coordonnateur international du projet EdC que Steve William Azeumo à su adapter au contexte africain.

151121 22 Douala EdC 17 ridAprès une pause de trente minutes, nous sommes entrés au cœur de l’entreprise car le développement durable ne saurait se construire sans des entreprises créatrices et distributrices de richesses de manière permanente ; des entreprises qui vivent les principes EdC. Deux questions fondamentales devaient trouver des réponses : comment gerer serieusement une entreprise ? comment mettre ensemble gouvernance et communion en entreprise ?

Comme intervenants, nous avions trois entrepreneurs EdC : Melanie Njonou,Leocadie Pougoue et Gilles Chindje, assisté par Martin Momha, un spécialiste de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Chacun à tour de rôle, a pu démontrer à travers des échanges avec les participants et le partage des différentes expériences professionnelles et d’entrepreneurs EdC, l’importance et les fruits du vécu de la culture du don en entreprise. Par exemple, Gilles Chindje, jeune gérant d’un bureau d’étude de Génie-Civil a partagé les challenges auxquelles ils font face lui et ses 04 jeunes collaborateurs, en tant qu’entreprise EdC. Afin d’éviter les pièges du système capitaliste qui tend à l’exploitation des employés, il procède malgré les difficultés, à la revalorisation salariale des employés et leur formation à culture du don, en respect de la charte de l’entreprise dont tous les associés et employés ont d’un commun accord approuvé. Cette partie a été conclue par Max Mbock qui a su concilier les expériences de bonnes pratiques professionnelles et d’entrepreneurs EdC partagées, aux points de repères des entreprises EdC et méthodes de mise en place de la communion proposées par151121 22 Douala EdC 21 ridGiuseppe Argiolas, dans son ouvrage intitulé « Il valore dei valori. La governance nell’impresa socialmente orientata’’, paru aux éditions Città Nuova.

L’après midi de cette deuxième journée a été consacrée aux échanges de proximité entre les étudiants, et tous les entrepreneurs et professionnels présents. Il s’en est suivi un échange de contacts pour un soutien et un accompagnement réciproque dans la réalisation de ce projet de développement durable malgré les risques qu’une telle approche qu’est l’économie de communion porte en soi !

Les impressions des participants en grande majorité ont été très bonnes sur ces deux journées. On peut dire aujourd’hui sans risque de se tromper que cette nouvelle génération de leaders et managers qui étaient présents à ces journées portes ouvertes est en marche vers le développement durable.

Douala : Près de 70 personnes venant de tout le pays, ont participé aux journées portes ouvertes de l’économie de communion du 21 au 22 Novembre 2015. Rapport de la première journée

par la Commission Edc Afrique Centrale

151121 22 Douala EdC 11 ridPrès de 70 personnes en provenance de tout le pays majoritairement des étudiants de la Catholic University Institute of Buea (CUIB), quelques Chefs d’entreprises et professionnels de secteurs d’activités variés ont participé auxjournées portes ouvertes d’économie de communion qui ont eu lieu les 21 et 22 novembre 2015. Ce fut une grande première dans la ville de Douala et tous les participants étaient très impatients de voir comment mettre ensemble économie et communion et ce que l’on obtient comme résultat après la mise en commun de ces deux éléments.

En ouverture de la première journée, un brillant exposé de Max Mbock et Steve William 151121 22 Douala EdC 18 ridAzeumo sur L’origine et le sens du projet EdC a donné le rythme et les orientations de ces deux journées de l’économie de communion (l’EdC). Après une pause de trente minutes, nous avons continué la matinée avec des échanges sur la crise de l’identité africaine, la pauvreté et ses conséquences, le système éducatif, l’influence de la grande famille africaine et la globalisation. Comme intervenants, nous avions: Melanie Njonou, Leocadie Pougoue, Nji Mabih and Steve Willam Azeumo, tous membres de la commission EdC Afrique Centrale. De l’analyse présentée par ces intervenants, Il ressort que la plupart des crises en Afrique aujourd’hui sont le fruit d’un dualisme entre tradition et modernité ; un dualisme qui a des conséquences majoritairement négatives à la fois sur le comportement des africains, 151121 22 Douala EdC 10 ridparticulièrement les jeunes, et sur le développement du continent Africain. Leocadie Pougoue qui est spécialiste des économies traditionnelles africaines l’a illustré par un exemple pris sur le « shwaa » en pays bamiléké ou « tontine » qui est une forme de microcrédit pratiquée par plusieurs peuples d’Afrique, est en mal être aujourd’hui  malgré le fait qu’elle pérennise le sens de l’honnêteté et le respect de la parole donnée tout en privilégiant une forme de réciprocité dans la vie communautaire ; Le tout sous la bénédiction d’un associé invisible « Dieu » ou « Sii ». Cette analyse a conduit à poser la question fondamentale suivante : Comment assurer un développement africain durable sans que l’Afrique n’y perde son âme ?

En résumé des réponses proposées à travers les échanges entre les intervenants et les participants, l’on retient que pour assurer un développement durable en Afrique, l’Afrique aura besoin des « hommes nouveaux » c’est-à-dire des personnalités africaines formées, ancrées dans les valeurs africaines et éduquées à l’inter culturalité et au « vivre ensemble » pour mettre la culture du don, l’hospitalité et la solidarité communautaire au cœur du développement et de la globalisation de sorte que la rencontre entre cultures et individus en Afrique ne soit plus cause de « blessures » et de sous développement, mais de plutôt bénédictions et de développement durable .

L’après midi a été enrichi par des travaux en ateliers ; trois ateliers ont été crées pour l’occasion : « Nous sommes tous EdC » ; « Création d’entreprise » et « pratiques EdC en entreprises ». Ces ateliers ont permis à certains participants d’être éclairer davantage sur la culture de l’unité et les pratiques de l’EdC en entreprise. Pour d’autres, particulièrement les jeunes présent dans l’atelier du start up,  se fut l’occasion d’échanger avec les entrepreneurs Edc, de se faire assister dans le discernement de leur idée d’entreprise et préparer ensemble un accompagnement vers la création en cas de besoin.

Les 16 et 17 octobre à Mariënkroon (Nieuwkuijk) et à Utrecht

par Antonella Ferrucci

151016 Marienkroon Expert Meeting 02 ridLa gratuité en économie : tel a été le leitmotiv des deux événements qui se sont déroulés le week-end dernier en Hollande, side effects à l’initiative du Mouvement des Focolari et de la Fondation Thomas More. Le premier colloque, information pills appelé « Expert Meeting » par les organisateurs, pharm s’est tenu à la cité pilote Mariënkron du Mouvement des Focolari à Nieuwkuijk, vendredi après-midi et samedi matin : 18 professeurs provenant de 8 universités et instituts d’enseignement supérieur (dont l’Université belge de Louvain), se sont rencontrés pour approfondir le thème de la gratuité dans son rapport à l’économie.

Ce colloque s’est déroulé en quatre sessions, consistant chacune en une brève présentation 151016 Marienkroon Expert Meeting 01 ridsuivie d’une discussion animée et riche, mettant en relation divers points de vue sur le marché, l’économie, l’entrepreneuriat, la gratuité et le charisme.
Dans la première session, Luigino Bruni a présenté sa vision du marché comme lieu de rencontre plutôt que de compétition, et suscité un dialogue très vivant. L’économie de Communion a ensuite été amplement présentée par Leo Andringa et Lorna Gold, et par l’entrepreneur belge Koen Vanreusel.

En conclusion ce fut un échange interdisciplinaire de haut niveau, sans compétitivité intellectuelle, dans un climat de grande ouverture et amitié – compte tenu des différences de terminologie entre différentes disciplines – et il est apparu urgent de voir que l’économie offre la possibilité de travailler à une culture civile. Le dialogue sur ces sujets, vraiment fructueux, continuera certainement à l’avenir.

151017 Utrech Lecture LB 01 rid sxLe second colloque, “Thomas More Lecture”, s’est déroulé le samedi 17 octobre après-midi, à l’Academy Building de l’ Université d’Utrecht, avec Luigino Bruni comme conférencier, sur « Économie et amour : Éros, Agape, et Philia ». Luigino Bruni a décrit les trois formes d’amour (éros, philia, agapè), leurs caractéristiques respectives et leur importance pour la vie en commun, notamment dans la sphère économique. Les 250 participants (et plus) ont été frappés par le thème et par le style dialogal  de la conférence de Bruni.

À la fin de son intervention, Luigino Bruni et Alessandra 151017 Utrech Lecture LB 03 ridSmerilli ont reçu leur dernier livre traduit en néerlandais et tout juste imprimé : “De ongekende kant van de economie,“ (titre italien : “L’autre moitié de l’économie” ). Ce livre, publié par la maison d’édition Nieuwe Stad (nieuwe.stad@focolare.nl), a été littéralement « raflé » par les auditeurs. La ‘quatrième de couverture’ explique le sens du titre – « La face inconnue de l’économie » dans la traduction hollandaise – : en plus du mécanisme du marché, une autre force trop peu connue est à l’œuvre dans l’économie : la gratuité. Les personnes n’agissent pas qu’en simples sujets calculant tout en fonction de leur seul intérêt : une forte tension caractérise aussi la nature humaine, celle de réaliser quelque chose de beau et de bon. Parfois cette force, la gratuité, prend une consistance exceptionnelle et génère un charisme – disent les auteurs – source contagieuse et permanente d’innovation.

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À la Convention EdeC Italie 2015, viagra présentation de deux projets innovateurs pour changer la vie et les perspectives des jeunes, familles et entrepreneurs africains. Comment valoriser la « culture du nous »

Par Mario Agostino

Paru dans Città Nuova le 28/09/2015

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« Accueillir l’extraordinaire dans la vie ordinaire, en exerçant notre œil à voir l’arbre qui pousse ; en effet, sans les prophètes, la vie serait pessimisme au lieu d’être une espérance qui nous unit« .
On peut résumer par ces mots de l’économiste Luigino Bruni la Convention EdeC Italie 2015, qui a réuni à Figline Incisa Val d’Arno, pour la sixième édition de LoppianoLab, plus de deux mille participants de toute l’Italie et d’au-delà.

Économie de Communion, modèle pour un nouveau départ

« Ce n’est qu’en régénérant les relations qu’on vainc la peur et que l’économie se remet en marche. Alors qu’aujourd’hui la méfiance et le pessimisme freinent la reprise en Europe et en Occident, nous avons osé regarder l’économie avec les yeux des jeunes africains – a déclaré Bruni en ouverture. Si nous voulons contribuer à la renaissance de l’économie, il nous faut régénérer les territoires, les familles, les rapports, redécouvrir et pratiquer les vertus civiles« .

« Surmonter la peur. Culture du dialogue, citoyenneté active, économie civile » : tel a été le titre de cette édition LoppianoLab 2015, promue par le Groupe éditorial Città Nuova, le Pôle Lionello Bonfanti / Économie de Communion, l’Institut Universitaire Sophia (IUS) et le Centre International de Loppiano (FI).  L’accent est mis sur le secteur économique, avec 200 entreprises en Italie et 800 dans le monde qui adhèrent à l’Économie de Communion, en mettant au centre de leur agir économique l’homme et la dimension relationnelle.

En rêvant l’Afrique

Le Congrès International EdeC de mai dernier à Nairobi a été fréquemment évoqué, et sa « vitalité » a été rappelée par Geneviève Sanzé, économiste Centrafricaine. Dans son continent une trentaine d’entreprises ont à ce jour adhéré au projet, et un réseau est né de soutien aux jeunes par des entrepreneurs EdeC. « On voudrait nous faire penser que l’économie est une science de la richesse – a-t-elle affirmé – et on croit qu’il faut pour cela aller dans les grandes métropoles. Mais avec l’EdeC, l’économie est devenue une science de la communion. Échange, dialogue, fraternité : nous avons compris à Nairobi que chacun est porteur de richesse et comprend les choses comme personne d’autre. L’entrepreneur peut, par sa créativité, enrichir son territoire, sans suivre les standards qui l’éloignent de la pauvreté des périphéries. 150925 26 Convention EdC 02 rid

Parler d’économie au plan international avec l’Afrique comme point de départ est un vraiment un processus nouveau, mais il l’est plus encore en considérant non pas ce que l’Afrique peut recevoir, mais ce qu’elle peut donner, car cela donne aux africains eux-mêmes une confiance et un élan nouveau dans les possibilités qui s’offrent à eux dans leur pays« .
L’Afrique est un continent jeune, témoignent Gloria et Melchiot qui étudient à l’Institut Sophia de Loppiano. «  Faire rêver les jeunes en Afrique, c’est éviter le phénomène de l’émigration ; c’est donc faire naître des entreprises en Afrique, y créer des emplois, y faire rêver l’Afrique« .

Deux projets EdeC

150925 26 Convention EdC 01 rid « À Nairobi sont nés deux projets économiques et on a annoncé la naissance d’une Licence en Économie de Communion à l’Université CUIB (Catholic University Institute of Buea) au Cameroun – a expliqué Anouk Grevin, économiste (Université de Nantes et Institut Universitaire Sophia) – Premier projet : en 2017 se mettra en marche l’incubateur d’entreprise « Siobhan » pour soutenir la naissance de nouvelles entreprises en Afrique. Le second projet, intitulé ‘François Neveux’, pionnier français de l’EdeC, mettra en contact des entrepreneurs du monde entier, pour donner vie à un réseau d’accompagnement économique et de gestion de projets, s’adressant surtout à de jeunes entrepreneurs ».

Recettes théoriques et pratiques contre la peur, contre laquelle il devient possible et nécessaire de mettre en place des politiques : « En ces temps difficiles – affirme Daniela Ropelato, professeur de Sciences Politiques à l’ISC – la peur est mauvaise conseillère, parce qu’elle concentre l’attention sur des facteurs négatifs. Pour savoir choisir et élaborer des propositions positives, il faut prendre de la hauteur et valoriser la culture du ‘nous’ « .

Ce projet, view né il y a un an et demi et qui a été annoncé dans le Rapport EdeC 2013-2014 est arrivé à terme. Interview de l’entrepreneur Koen Vanreusel.

Par Antonella Ferrucci

150829 Novi Sad Inaugurazione Easykit 03 ridQuoi de plus agréable que la tiédeur de la maison par une froide soirée d’hiver ? En Belgique, more about depuis plus de 20 ans, health on peut installer soi-même chez soi un bon système de chauffage (avec les meilleurs résultats), grâce à l’assistance de l’entreprise EdeC Easykit nv. Depuis le 29 août, en Serbie, à Novi Sad, on peut faire la même chose grâce à Easykit D.O.O : le rêve de Koen, Kris, Johan et Attila est devenu réalité.

Ce projet avait commencé à prendre forme au congrès EdeC d’Ottmaring en Allemagne, en octobre 2013 : pour la première fois les entrepreneurs EdeC du Nord et de l’Est de l’Europe vécurent ensemble leur congrès.

Ce ne fut certes pas facile pour les organisateurs de cette rencontre d’harmoniser entre 150829 Novi Sad Inaugurazione Easykit 05 ridelles des mentalités aussi différentes (quel défi d’assurer les traductions en des langues aussi diverses…), et pourtant l’histoire de Koen et d’Attila montre une fois encore la capacité génératrice de la « biodiversité ». L’idée initiale a été suivie d’une période d’évaluation de la faisabilité, avec des visites réciproques en Belgique et en Serbie, puis d’une intense année de travail pour constituer la nouvelle société, Easykit Serbie, qui ce 29 août a inauguré à Novi Sad son premier magasin.

Koen, peux-tu nous dire quelque chose de ton entreprise ?

Nous avons fondé notre entreprise Easykit en Belgique il y a un peu plus de 20 ans, avec un client, un magasin et deux salariés, Kris et moi. Aujourd’hui nous avons plus de 60 salariés, 7 magasins et nous pouvons assister plus de 2000 clients chaque année..

150829 Novi Sad Inaugurazione Easykit 04 ridEn quoi consiste votre affaire ?

Easykit Belgique et Easykit Serbie vendent des installations de chauffage que les clients, avec notre assistance, peuvent monter eux-mêmes, fiers du résultat obtenu, et contents d’économiser sur l’installation. C’est cette « assistance » qui nous différencie de nos concurrents, gagnant avec succès en Belgique la faveur du public.

Comment t’expliques-tu ce succès ? Quand vous avez commencé avec Kris, vous ne pouviez pas savoir si cela fonctionnerait…

L’entrepreneur doit toujours regarder devant, observer le monde qui l’entoure et chercher à le rendre meilleur à travers son entreprise. Pour Easykit, cela signifie :
1. Assister le client dans le montage de l’installation de chauffage et d’autres équipements techniques dans sa maison.
2. Créer des emplois pour les personnes et les familles
3. Aller plus loin en s’intéressant au monde environnant, proche et lointain, et apporter l’aide possible, à travers la mise en commun des bénéfices dans le projet EdeC.150829 Novi Sad Inaugurazione Easykit 08 rid
Notre idée a assurément correspondu à un besoin des gens : économiser en montant eux-mêmes l’installation, et obtenir un résultat optimal grâce à l’assistance technique reçue. En termes d’économie civile, les biens relationnels et l’avantage mutuel se marient et font le succès de notre entreprise.

Comment s’est passée ta rencontre avec Attila, et quelle suite y a-t-il eu ?

Quand nous nous sommes connus en octobre 2013, j’ai vu en Attila beaucoup d’enthousiasme pour notre entreprise et nos produits : là, nous avons commencé à penser que notre idée pouvait réussir aussi en Serbie. Avec Boglarka, sa femme, il a immédiatement souscrit aux trois points de notre mission : nous y avons vu un signe pour commencer cette aventure. Nous avons construit pas à pas 150829 Novi Sad Inaugurazione Easykit 01 ridcette nouvelle société, rencontré des personnes aptes à gérer localement la comptabilité, la fourniture de nos produits, l’implantation du magasin. Bien sûr nous avons dû adapter nos idées au contexte local. Nous avons rencontré surprise et curiosité, mais ensuite toujours, je dois dire, cela s’est transformé en collaboration. Aujourd’hui nous sommes heureux et très confiants en l’avenir de Easykit Serbie ; l’enthousiasme des associés est tel que, certainement, il va vite conquérir nos futurs clients.

L’inauguration d’Easykit Serbie a été pour toute la communauté EdeC serbe un moment de grande joie, avec une soixantaine de participants. L’invitation disait : « L’entreprise 150829 Novi Sad Inaugurazione Easykit 09 ridest un bien commun qui enrichit la communauté entière ; elle a donc besoin de « tout le village » pour survivre ». « En effet – nous confie Minka Fabjan il semble que ‘tout le village’ soit accouru pour souhaiter la bienvenue à la nouvelle entreprise. Parmi les commentaires recueillis : « C’est notre entreprise », « c’est un miracle », « c’est une nouvelle humanité ». Une immense gratitude était palpable envers les amis belges pour leur compétence, communion, accompagnement et amitié« .

L’enfant est né et Easykit peut maintenant grandir. Meilleurs vœux de toute l’EdeC !

Lire dans le Rapport EdeC 2013-2014 : En Serbie, naissance d’Easykit

65 jeunes de 16 pays différents : pour la première fois des participants de la Russie et de la Corée du Sud

Par Stefania Nardelli et Giulia Pongiglione

150824 Praga EoC SS 06 rid sxNous voilà à Prague pour la quatrième Summer School de l’Économie de Communion : étudiants, page travailleurs et entrepreneurs, viagra buy représentant une multitude d’intérêts et de compétences. Six d’entre nous ont participé aux précédentes éditions de cette école à  Lisbonne, Madrid et Paris  et – pour rompre la glace – ont partagé à tous quelques impressions et conseils pour vivre au mieux cette semaine.

Nos journées alternent exposés des professeurs, moments de dialogue en groupe comme en séance plénière, et divers ateliers sur l’entrepreneuriat, l’art, la recherche, et sur l’innovation sociale, une des nouveautés de cette édition.

Pour beaucoup c’est la première expérience avec l’Économie de communion (EdeC) et il a donc été fondamental de consacrer la matinée à la découverte de ses origines et de ses développements, 150824 Praga EoC SS 03à travers une vidéo introductive particulièrement significative. L’intervention d’ Anouk Grevin, enseignante à l’Université de Nantes et à l’Institut Universitaire Sophia, a ensuite permis d’approfondir les pratiques et les lignes de conduite de l’EdeC, de définir et comprendre les différences entre l’agir d’un entrepreneur EdeC et celui d’un entrepreneur de l’économie de marché.

Anton Lundin , entrepreneur Russe de 31 ans, a raconté son choix de quitter un emploi sûr dans une entreprise, où il s’occupait de vente et marketing, pour se dédier à la passion objet de ses études : l’apiculture. Alors qu’il ne connaissait pas encore la réalité de l’EdeC, il a commencé son entreprise il y a six mois, en choisissant de respecter la législation locale, la nature et l’environnement, de coopérer au mieux avec les partenaires et les clients, et d’aider les personnes dans le besoin.

150824 Praga EoC SS 07 ridEnsuite, Vittorio Pelligra, enseignant à l’Université de Cagliari et à Sophia: a raconté son expérience de chercheur et d’entrepreneur, et expliqué comment les consommateurs peuvent, par les choix d’achat de leur portefeuille, encourager les pratiques commerciales vertueuses. Un exemple de cette innovation sociale est la campagne Slotmob qui s’est développée en Italie ces dernières années.

L’après-midi s’est ouvert avec le lancement du Company Cube, dé de l’entreprise conçu par l’entrepreneur USA John Mundell, dont les six faces formulent en mots simples les valeurs à vivre chaque jour dans l’entreprise, bon moyen de rappeler 150824 Praga EoC SS 04 rid que la personne est à mettre au centre. Le défi d’aujourd’hui a été de « Valoriser chaque personne, chaque idée » et demain matin nous partagerons les fruits de cette expérience au sein des petits groupes de partage.

Enfin Benedetto Gui, enseignant à Sophia, a introduit les critiques qui se lèvent à l’encontre de la théorie économique standard, qui étudie les choix d’un agent économique considéré comme égoïste, matérialiste et individualiste, sans prendre en considération le réseau relationnel dans lequel il vit. Pendant des années l’analyse économique a ignoré les relations humaines et ses modèles sont incapables d’expliquer le réel comportement humain au sein du marché. Les relations sont au contraire à réintroduire en qualité de « biens relationnels ».

L’aventure continue ces jours prochains : nous vous tiendrons au courant. Voyez déjà les premières photos dans notre photogallery!

L’Association EdeC argentine nous tient au courant de la situation de l’inondation qui a touché la Parc d’Activités et la Mariapolis Lia, buy more about et des modalités d’une collaboration.

150808 OHiggins Inondazione Polo 06 ridChers amis de l’EdeC, patient nous voulons vous raconter en détail la situation dans le parc, prostate dans chaque maison, chaque entreprise, pour que vous sachiez que nous vivons ensemble tout ce qui arrive et que beaucoup prient et voudraient collaborer.

Jorge Perrín, du Parc Solidaridad, nous dit : « La solidarité entre nous est ‘naturellement’ extraordinaire. Les seuls véhicules qui peuvent circuler sont le tracteur-remorque de Pepe (Marin) et le minibus de la cité pilote. Ils circulent partout pour porter les personnes au travail, à l’école, aux achats à faire pour tous, ou pour les livraisons, etc.

Dans une circonstance particulière, Chiara (Lubich) a dit ces mots qui m’ont toujours touché : « mourir sans se plaindre »… ces jours-ci, dans le sourire, dans les appels, dans la communion entre tous ceux de notre grande famille, en affrontant sereinement cet événement, je comprends un peu mieux la LUMIÈRE qui pousse à vouloir ‘mourir sans se plaindre’. Les plus grandes chose sont toujours devant« .

Comment est la situation aujourd’hui ?

POLO SOLIDARIDAD:

Maisons :
L’eau est entrée dans deux maisons du parc d’activités et aussi dans le garage d’une troisième. Deux autres sont à risque : le niveau de l’eau est à quelques centimètres. Les autres maisons ne sont pas touchées, à part quelques caves.

Entreprises :
Primicias (exploitation agricole) : les serres proches de la route sont noyées, et 150808 OHiggins Inondazione Polo 03 riddans les autres le sol est trempé. Les serres et leurs productions sont perdues, sauf une partie de la production de tomates.
Maliandi (cosmétiques) et Pasticcino (biscuits à café) : l’eau n’y est pas entrée. Pasticcino fait ses livraisons avec le tracteur de Primicias.

MARIAPOLIS LIA :

Plusieurs secteurs et routes sont sous l’eau. Pour l’instant les constructions sont sauves.

Zona
Comme dans une bonne partie de la province de Buenos Aires, les lagunes communiquent entre elles ; l’évacuation par les canaux est insuffisante et les étendues d’eau forment une ‘mer’.
Le canal de la cité pilote et du parc d’activités a été récemment désengorgé et fonctionne bien. S’il cesse de pleuvoir, le niveau de l’eau baissera en quelques jours dans toute la cité pilote. Le problème, c’est la route qui la relie au bourg voisin, qui draine l’eau d’autres secteurs. Cette route est complètement sous l’eau et ne peuvent passer que des véhicules spéciaux.

LA RÉGION :

150808 OHiggins Inondazione Polo 04 ridLes médias locaux font état de 20.000 personnes touchées et de 4.000 évacuées dans les provinces de Buenos Aires et Santa Fe. Des routes sont fermées, d’autres à circulation réduite. La pluie ne diminue pas et l’alerte météo persiste. Dans certains secteurs, cependant, l’eau a commencé à baisser lentement.

Nous tous, de l’EdeC du Cône Sud, vivons pour nos frères et amis de la zone de la Mariapolis Lia, et aussi pour les milliers de victimes de cette inondation dans la province de Buenos Aires et le Littoral.

Toutes les aides pour une collaboration concrète seront coordonnées via le mail polosolidaridad@gmail.com . En réponse les indications seront données en fonction de la provenance et du type d’aide.

Association Économie de Communion Argentine et Unidesa (Société gestionnaire du Polo Solidaridad), 13 août 2015.

Depuis 30 ans, more about à Katowice (Pologne), approved l’entreprise Complex Projekt conçoit des routes et des ponts. Le récit d’un entrepreneur qui a adhéré aux principes de l’Économie de Communion.

Qui en expérimente les effets affirme que l’Économie de Communion (ÉdeC) est un mode de vie,mais aussi un mode de gérer une entreprise. Et c’est peut-être pour cette raison que les entreprises les plus variées décident de diriger leurs activités selon l’esprit ÉdeC. Complex Projekt, qui conçoit et construit routes, autoroutes et ponts, est l’une d’elles.

Lorsque l’ÉdeC est née au Brésil au début des années 90, l’entreprise polonaise était dans une situation très difficile. La sortie du régime communiste générait de gros doutes et incertitudes et la transition vers le système capitaliste suscitait de continuelles questions et de la méfiance. Le concept même de propriété créait chez les entrepreneurs inquiétude et malaise intérieur.

Andrzej Mi?kowski, président de Complex Projekt,  a trouvé dans l’ÉdeC la réponse à son besoin de « se libérer de la pression de la propriété », comme lui-même le percevait. Grâce à l’ÉdeC, il a découvert qu’il était « simplement un administrateur » et que – ce sont ses mots, compréhensibles dans ce contexte – « le propriétaire de l’entreprise était Dieu ».

Milkowski s’est alors rendu compte que dans l’entreprise, ce le plus important, c’est le capital humain. Et qu’une bonne gestion dépend des valeurs auxquelles on croit. Dans son cas, il s’agissait des valeurs évangéliques, mises en pratique en appliquant l’enseignement de saint Jean-Paul II:« être plutôt que parler ». Ce langage peut sembler éloigné du monde de l’entreprise, mais, à long terme, il a vraiment fait la différence au Complex Project.

CP_Polonia3« Notre travail consiste à réaliser des projets infrastructurels complexes, ce qui comporte uneresponsabilité élevée – explique Milkowski. Dans la proposition ÉdeC, j’ai trouvé la liberté intérieure nécessaire et la bonne distance, des valeurs qui m’ont amené à prendre des décisions non plus seulement tout seul, mais fruit d’intenses partages. Des décisions qui ensuite se révélaient judicieuses pour le développement de l’entreprise. » Milkowski raconte qu’avec ses collègues et le personnel, ils essayent de vivre sur la base du respect réciproque, en cherchant à diffuser un climat de confiance et en mettant au premier plan les relations interpersonnelles. En effet, la Règle d’Or, présente dans presque tous les textes sacrés des différentes religions, est reprise dans le règlement interne: ‘Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse’, « comme une opportunité – explique le président – donnée à chaque salarié pour faire des choix en liberté ».

Depuis deux ans, Andrzej Mi?kowski a commencé à confier progressivement la gestion de l’entreprise à son fils Stanis?aw: ce passage générationnel se passe aussi à la lumière des valeurs acquises durant ces années. « Je pense – explique Andrzej – que c’est un résultat du style de vie au travail que tous dans l’entreprise, le personnel et l’administration, nous recevons de Dieu. Si chaque jour nous faisons une tentative, même petite, de vivre les valeurs évangéliques en pratiquant la prière et en se rapprochant de l’Eucharistie – conclut l’entrepreneur polonais – nous recevons du Créateur un ‘plus’ de capacités aussi face aux problèmes de conception, comme dans la résolution de problèmes professionnels et familiaux; pour écouter et pour parler. Ainsi, nous construisons le Royaume de Dieu… et nous recevrons le reste ensuite. Nous l’expérimentons chaque jour. En effet, malgré la crise, l’entreprise continue à se développer et à croître. »

 

Extrait du Focolare.org

Un belle enquête de Guilhem Dargnies qui a interviewé des chefs d’entreprise engagés dans l’Economie de communion:  Lire l’article Famille Chrétienne 20150429