Economie de Communion - La culture du don

A l’occasion du 25ème anniversaire du lancement de l’économie de communion, le groupe EdeC de la région PACA a invité Anouk Grevin, enseignant chercheur en management, membre de la Commission internationale EdeC, a présenter comment « partager des richesses et des relations » , le 24 septembre 2016, à l’école de management EMD.

marseille-24sept2016

Écrit par Antonella Ferrucci pour le site international edc-online.org

Ouverture des inscriptions pour le 6ème Congrès pour entrepreneurs et dirigeants européens d’entreprises ÉdeC qui se déroulera à Baar en octobre prochain. Titre du congrès :

Économie de communion: une économie pour tous

Logo Baar 2016 FR20-23 octobre 2016
Eckstein
Begegnungs-und Bildundszentrum
Langgasse 9
6340 Baar (Suisse)

On est en pleins préparatifs du prochain congrès ÉdeC pour entrepreneurs, sale dirigeants et autres personnes intéressées qui se déroulera en octobre prochain. Tandis qu’il arrive à sa sixième édition, approved le congrès se déroule pour la  seconde fois à Baar; sa dernière édition, en octobre 2014, s’est tenue en Croatie, à Krizevci à la Mariapolis Faro.

Né du petit groupe ÉdeC des pays du Centre et du Nord de l’Europe (Belgique, Pays-Bas, France, Autriche, Allemagne et Suisse), ce rendez-vous implique désormais l’Europe Orientale et la plus grande partie de l’Europe Occidentale jusqu’au Portugal. Pour beaucoup c’est devenu la date la plus importante dans l’agenda ÉdeC de l’année : une très belle opportunité pour entrer en contact avec beaucoup d’autres qui conçoivent l’économie de la même façon, Dio Misericordia Michel Pochetune économie qui inclut et sert l’homme, et non qui exclut et asservit l’homme.

Le rendez-vous de cette année a pour titre: «Une économie pour tous», même titre que le congrès international des 25 ans de l’ÉdeC aux Philippines en mai dernier.

Le programme commencera avec le vernissage d’une exposition des œuvres de Michel Pochet sur «Dieu miséricorde », un début insolite pour ce genre de réunion mais qui a pour but d’inviter les participants à « regarder au-delà » et à se plonger dans ces journées avec une âme élargie à l’homme tout entier, avec ses besoins les plus profonds qui comprennent aussi la beauté au-delà de la nourriture et du travail.

En cette année 2016 qui est le 25ème anniversaire de la naissance de l’ÉdeC, ça vaut la peine de s’arrêter un instant et de regarder de plus près l’ ÉdeC d’aujourd’hui. Réussit-elle à incarner la vision prophétique dont elle est née ? Est-elle en capacité de faire expérimenter cette « économie pour tous » dans ses réalisations actuelles ? A ces questions fondamentales, les participants du prochain congrès de Baar chercheront ensemble des réponses en partageant de nombreuses expériences de toute l’Europe, en approfondissant les aspects essentiels de l’ÉdeC et en cherchant à l’actualiser dans le monde et l’économie d’aujourd’hui. Un grand défi qu’on ne peut affronter qu’ensemble. On vous attend donc nombreux. A bientôt à Baar!

A qui s’adresse cette invitation?

Entrepreneurs, dirigeants d’entreprise, étudiants et tous ceux qui souhaitent approfondir ensemble l’Economie de Communion du point de vue théorique et pratique, recevoir de nouvelles inspirations pour une action économique solidaire et orientée au bien commun.

Informations générales:

  • Tarifs: Pension complète et frais d’inscription:
    Seul : CHF 390,-
    En couple: CHF 330,-
    Chambre à plusieurs: CHF 300,-
    Etudiants ou jeunes qui ne travaillent pas: CHF 210,-
    Tarif sans hébergement (repas et frais d’inscription): CHF 234,-
  • Inscriptions avant le 1er octobre 2016:
    via internet:   https://www.zentrum-eckstein.ch/fr/manifestations/
    via mail:   edc-wig@fokolar.ch
    via fax:   +41 (0) 41 7664602
    via courrier postal: Begegnungs- und Bildungszentrum Eckstein,
    Langgasse 9, CH-6340 Baar
  • Accès par la route: https://www.zentrum-eckstein.ch/fr/qui-sommes-nous/situation/

    Contact pour la France:   contact@economie-de-communion.fr

L’Association « Les rendez-vous de Saint Melaine » – Des regards de chrétiens sur les sujets de société, organise la Conférence débat:

Quelle place pour le don dans l’Entreprise ?

25 ans d’expériences de l’Economie de Communion

Logo Edc 25 frVendredi 4 mars 20h30
Au Collège Saint Gabriel,
59 Avenue le Brix,
35742 Pacé

Conférencier : Anouk Grevin

L’entreprise, une affaire de don ? C’est ce qu’affirme des chercheurs en management avec études empiriques à l’appui : la logique du don est au cœur de la vie des entreprises. Bien plus, on ne peut véritablement comprendre l’économie et le fonctionnement des organisations si l’on ne regarde pas du côté du don et de la gratuité.

Dès lors, serait-ce une folie que de choisir de miser sur la dynamique du don pour construire une économie plus humaine, plus juste ? C’est ce que propose depuis 25 ans Anouk Grevin 02l’Economie de Communion. Une proposition qui peut donner sens à toute la vie de l’entreprise, mais qui invite aussi chacun d’entre nous à devenir acteurs d’une économie plus fraternelle.

Anouk Grevin est maître de conférences à l’Université de Nantes, Chercheur au Laboratoire d’Économie et de Management de Nantes et au GRACE (Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise).

Conférence suivie d’un débat. L’entrèe à la conférence est libre et gratuite Ici invitation

Pour info :Contact Focolari Rennes : Maria DELPIERRE maria.congiu@wanadoo.fr 06 48 79 65 94

Lire le dossier Economie de communion HD

Les demandes nues / 15 – Vivre et donner gratuitement et avec gratitude. Ainsi rien de ne perd.

Par Luigino Bruni

Paru dans Avvenire le 14/02/2016

Logo Qohelet rid mod« Valence. Près de l’étang un vieil homme se promenait avec son chien, plus âgé encore peut-être. Je le vis s’approcher de l’eau et tirer de son sac des morceaux de vieux pain. Un par un il les jeta aux poissons. Je le regardai, fasciné par la monotonie de ses gestes. Cela dura longtemps. À la fin seulement je compris qu’en fait je regardais ce verset du chapitre 11 de Qohéleth : « Lance ton pain à la surface des eaux ». À l’automne 93, dans une ville espagnole, un vieil homme exécutait à la lettre cette invitation, faisant prendre au verset tout son sens. »

Erri de Luca, Récit sur un verset de Qohéleth

« Jette ton pain sur la face des eaux, car à la longue tu le retrouveras » (Qohéleth 11, 1). Nous avons là un des plus beaux et évocateurs versets de Qohéleth.

Sa signification est ambivalente, car pourrait s’y cacher la trace d’un antique proverbe sur les avantages et les risques du commerce maritime. Mais cela ne doit pas nous empêcher de prendre au sérieux son sens primordial (une vieille règle affirme qu’il est sage de préférer l’interprétation la plus simple à toutes celles possibles d’un texte complexe). Son sens s’éclaire en effet à la lecture des versets qui suivent : « Qui observe le vent ne sèmera pas, qui observe les nuages ne moissonnera pas… Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main, car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre ne sont pas également bons » (11, 4-6).

Ce qui rend la vie féconde, c’est la surabondance, la magnanimité, la générosité. Le blé pousse et nous rassasie de pain si nous le semons en quantité supérieure à ce qu’il faudrait selon les calculs de productivité, si nous le semons plus dru que nécessaire. Ne jetons pas nos semences sur la seule bonne terre. Les cailloux et les épines aussi doivent recevoir leur part, car si je ne sème que dans les strictes limites de mon bon champ, le blé qui lèvera ne suffira même pas pour moi. La fertilité du ‘centuple’ requiert la générosité du semeur, qu’il gaspille une bonne partie du grain, qu’il sache se dépasser, se transcender.

Quand Qohéleth écrivait ou dictait ces paroles, le pain était un aliment essentiel et à peine suffisant pour la quasi-totalité de la population. On vivait de pain et on en faisait vivre les enfants ; sans lui on souffrait, on mourait. Le jeter dans l’eau était donc un acte subversif, imprudent, surprenant, une erreur aux yeux des observateurs. Mais les paradoxes plaisent à Qohéleth, on le sait, surtout ceux qui démasquent les vanités et le leurre des faciles certitudes. Cette fois encore, le meilleur exégète d’un beau vers mystérieux est l’auteur lui-même, qui, par toutes les paroles de son livre, nous dit que la première et immédiate interprétation de ce texte est sans doute la bonne. La vision grand angle du livre tout entier nous révèle que la clé de lecture de l’incipit de cet avant dernier chapitre est encore la polémique de Qohéleth contre la religion économico-rémunératrice. Rien ne conteste plus la logique économique que du pain jeté dans l’eau.

Dans sa société beaucoup plus que dans la nôtre, le pain était un bien spécial, beaucoup plus qu’une marchandise. Très rarement on l’achetait ou le vendait. Il était produit ensemble, partagé au repas, et surtout donné. Un quignon de pain ne se refuse à personne, aujourd’hui comme hier ; le refuser serait renier notre dignité. Ce bien précieux servait aux sacrifices, en offrande sacrée (Genèse 14, 18). En-dehors de l’autoconsommation et des devoirs cultuels et de solidarité, le pain ne pouvait ni ne devait être gaspillé. À la maison, quand j’étais enfant, si un morceau de pain tombait et se salissait, ma mère me faisait lui donner un baiser avant de le donner aux animaux. Tout pain vécu comme un don reçu devient pain eucharistique : bonne gratuité (eu charis), gratitude. Manne et pain de vie. Nous pourrions réécrire la Bible comme histoire du pain, tant sa présence est puissante, essentielle.

Qohéleth ne veut certes pas nous inviter à faire des sacrifices propitiatoires à la mer ou aux dieux des eaux – il a durement réagi aux sacrifices à Elohim dans le temple de Jérusalem (4, 17). Le pain jeté dans l’eau n’est d’ailleurs pas plus pour les pauvres que pour le temple. En fait Qohéleth défie la théologie qui justifiait tout acte humain par ses résultats. Il était écrit de celui qui donnait du pain pour être justifié et gagner ainsi la bénédiction de Dieu : « L’homme au regard bienveillant sera béni, parce qu’il donne de son pain au pauvre » (Proverbes 22, 9). Qohéleth nous suggère, au contraire, de jeter le pain à la face de l’eau pour le voir revenir de mille manières, une multitude de fois. Sa sagesse prône la surabondance, le dépassement des limites sociales et religieuses du raisonnable et du convenable.

Qui s’est efforcé de vivre sa vie en profondeur et vérité, a formé une famille, a mis au monde des enfants, a créé une entreprise ou une communauté, ou l’a reçue en succession et n’a pas voulu qu’elle meure, qui a sincèrement suivi une vocation… sait que les plus belles choses lui sont revenues quand il a été capable de dépasser le registre du calcul utilitaire, la logique coût/profit et, désavantageusement, a agi à l’encontre de la prudence et du bon sens. On a semé à la mauvaise saison, on est parti en mer à contrevent. Et pourtant, parfois, les fruits sont venus, le calme plat n’a pas vaincu. Une fois au moins.

Nous savons mettre au monde un enfant rien que par amour, de façon désintéressée ; traverser des déserts sans fin en croyant en une terre promise ; repartir âgés en y croyant encore, malgré tant et trop d’interminables déserts déjà traversés. Et tout en sachant que c’était le dernier, nous n’avons pas mis dans le sac notre quignon de pain, mais l’avons jeté à la face des eaux. Nous savons désirer le paradis, même si nous sommes sûrs qu’il ne sera pas pour nous.

Notre vie est pleine d’actes gratuits, mais presque toujours ils sont partiels et ne nous délivrent que partiellement de la logique rémunératrice. Nous sommes trop pétris de réciprocité pour savoir abandonner le registre de l’échange. La gratuité absolue, l’amour pur sont-ils possibles ?

Il y a de cela quelques siècles, la question de ‘l’amour pur’ fut débattue par une certaine théologie quand, en réaction à la Réforme protestante, naquit le besoin d’une mise en garde contre le danger d’attribuer à l’homme aussi la faculté d’aimer d’amour pur qui n’appartient qu’à Dieu. L’amour pur est dangereux, subversif. Mais en regardant bien le monde, nous voyons que les êtres humains, malgré tout, sont capables aussi d’amour pur. Nous ne le sommes presque jamais, mais cela fait partie de notre répertoire. Et si dans la vie nous ne faisons pas au moins une fois l’expérience de le donner et de le recevoir, notre humanisation ne s’accomplit pas pleinement, il nous manque un bout du chemin sous le soleil. Un homme sans amour pur reste petit. Notre ressemblance à Elohim doit être aussi ressemblance à son amour ; au moins une fois, une seule fois peut-être, mais décisive, ne serait-ce qu’à la dernière heure, quand nous pourrons donner le dernier bout de pain qui nous sera demandé, choisissant de devenir par notre corps eucharistie de la terre.

Dans la Bible – et dans la vie – la surabondance advient dans la mesure où nous sortons, librement ou par nécessité, de l’horizon commercial. Le fils rentre à la maison après qu’on l’ait laissé partir et se perdre ; l’enfant naît d’un ventre flétri ; le bélier apparaît au moment où la main empoigne le couteau ; les quelques pains sont multipliés une fois donnés et perdus ; un prophète ressuscite après qu’on l’ait vu mourir en croix. Aucun contrat ne pouvait ramener à la vie le fils décédé, ranimer en nous la générativité éteinte, ressusciter un crucifié. Aucun bélier ne peut remplacer un garçon, et il n’est pas de sac où cinq pains se transforment en repas pour la foule.

Les vraies surprises de la vie sont celles qui fleurissent librement de la surabondance ; celles que personne ne pouvait prévoir ni imaginer, celles qui nous sauvent parce qu’immensément plus grandes que nous et que nos convenances. Si nous avions la garantie ou seulement l’espoir que le pain donné se multiplierait au centuple, il ne serait plus la bonne gratuité capable du centuple. Il serait un investissement, une assurance, ou un pari. Pour construire sur cette terre la ‘civilisation du centuple’, ou au moins un fragment, il faut réapprendre la logique de la surabondance et du pain jeté à la face des eaux.

Il se perd beaucoup plus de pain dans les eaux que le courant n’en rapporte. Ce qui rend extraordinaire la multiplication du pain rapporté par les eaux est la certitude de l’avoir à jamais perdu au moment où nous l’avons donné. La valeur infinie, inestimable, du pain qui nous revient tant de fois multiplié dépend aussi de la quantité restée au fond des eaux, qui ne revient plus nous rassasier. Tout ce qu’on donne ne revient pas ; mais ce qui nous semble perte et douleur peut entrer dans une autre économie, plus grande, qui inclut au moins la mer et ses poissons. La terre se nourrit et vit aussi de nos larmes devenues pain (Psaumes 42, 4).

Le pain centuplé est le dernier qui nous restait. Pas le pain superflu, ni celui de la philanthropie des riches. Ce sont plutôt les miettes du pauvre Lazare qui peuvent revenir multipliées, pas les restes du riche épulon : « Ceux qui étaient rassasiés se louent pour du pain, et ceux qui étaient affamés n’ont plus faim ; même la stérile enfante sept fois, et celle qui avait beaucoup de fils se flétrit » (1 Samuel, 2, 5). Seul le pain des pauvres peut être ‘sauvé des eaux’, et un jour revenir nous libérer de nos esclavages, au-delà des mers.

Une école d’anglais, cure parmi les premières entreprises de l’Economie de Communion. Priorité au rapport avec les étudiants : ses caractéristiques et la clé de son succès.

Par Anouk Grevin

The Voice 02Nous arrivons à l’école en bus, purchase à quelques minutes de la mer, viagra order Andy nous accueille le sourire aux lèvres. Comme tous les enseignants, elle connaît chaque étudiant par son nom et elle le suit durant tout son séjour à Malte, ainsi que sa famille d’accueil. Plusieurs personnes travaillent avec elle : Vivienne, qui a suivi l’école depuis sa naissance, Maria, qui pendant des années a travaillé à la direction du ministère de l’Education et offre maintenant son expérience comme responsable de l’école et Marilyn, qui a rejoint l’équipe il y a deux ans comme directrice d’études.

The Voice” naît en 1992 où quelques jeunes décident de répondre au défi lancé par Chiara Lubich de faire naître une économie de communion : après plus de 20 ans, ces jeunes continuent à collaborer en tant que familles d’accueil pour les étudiants. Vivienne, responsable de l’école durant plusieurs années, raconte : « J’avais déjà créé une entreprise, mais face à beaucoup de difficultés j’avais abandonné l’initiative et je m’étais promis de ne plus recommencer. Avec The Voice, cependant, c’était différent : j’ai tout fait pour queThe Voice 04 l’institution ne meure pas. C’était un projet pour lequel cela valait la peine de lutter ».

Ceux qui gèrent les autres écoles d’anglais à Malte (il y en a aujourd’hui 47 dans l’ile) n’arrivent pas à comprendre comment The Voice puisse encore « vivre » : économiquement cela semble impossible. « Les autres écoles ont de grands groupes alors que nous tenons à garder des groupes de 5 à 8 étudiants par classe, ce qui implique un plus grand nombre de professeurs », explique Marilyn.

Le rapport personnel devient une méthode pédagogique, clé pour un bon apprentissage linguistique, tellement lié à la confiance, surtout lorsqu’il s’agit de développer des capacités en communication orale. Avec la même disponibilité et délicatesse, les familles d’accueil continuent le soir le dialogue avec les étudiants, mettant à profit tous les instants pour les aider à progresser.

Cette priorité donnée à la relation est définie par Vivienne comme le signe distinctif de l’école, son identité. Le climat de famille est palpable et cela ressort de toutes les impressions The Voice 03des étudiants. « Ici j’ai rencontré des amis et des professeurs très sympathiques qui m’aiment bien », affirme Karina. Raffaella ajoute : « le fait d’avoir une enseignante plus jeune que moi m’a donné du courage pour chercher du travail quand je rentrerai chez moi, et pouvoir donner moi aussi le meilleur de moi-même, comme elle ».

L’école a fait un choix, conforme à ses valeurs et à son engagement dans l’Economie de Communion, celui d’insérer régulièrement de nouveaux enseignants qui soient jeunes. C’est le cas de Claire, qui est maintenant animatrice et guide touristique pour les activités de l’après-midi. Les sorties, comme les heures d’étude, sont autant d’occasions pour grandir ensemble. Et Malte est un joyau au niveau culturel et historique : entre une visite aux temples préhistoriques et les splendides grottes bleues, on fait un petit plongeon dans les eaux cristallines. Le jour suivant, l’île de Comino et son Blue Lagoon, puis l’île de Gozo avec sa Citadelle, ou la visite de la capitale Valletta. Et de manière inattendue, sur la plage, un dialogue profond permet de donner un aperçu sur le projet de l’Economie de Communion qui se trouve à l’origine de l’école. The Voice 01Dernièrement The Voice a donné la possibilité à de nouveaux membres de participer à son groupe dirigeant, qui adhèrent aussi au projet de l’EdC. Parmi eux John, consultant en ressources humaines et management avec son expérience particulière et son intérêt dans le domaine touristique. Je souhaite de nouveaux développements ! ».

 

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Le premier Congrès Pan-Asiatique de l’EdeC se tiendra du 25 au 29 mai, à la Mariapolis Pace à Tagaytay City. Retenez la date !

160525 29 Tagaytay EoC Congress STD rid mod

L’invitation s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à une façon différente de concevoir l’économie et l’entreprise, basée sur la communion, la fraternité, la solidarité, en particulier avec les secteurs plus faibles de la société. Le congrès aura pour titre : « Économie de Communion : une économie pour tous« .

Le congrès réunira des entrepreneurs, des chercheurs, des jeunes et des membres de la société civile qui se sentent poussés à changer le monde des affaires.

Malgré la croissance économique sans précédent de ces dernières années, fruit d’une adhésion constante aux modèles économiques du capitalisme, les nations asiatiques se trouvent aujourd’hui face à de grands défis ; il nous faut les comprendre en profondeur pour saisir les changements significatifs et inclusifs que l’économie communion est en mesure d’offrir.

Le congrès bénéficiera de la contribution des économistes membres de la Commission Internationale EdeC – Luigino Bruni (Italie) – Anouk Grevin (France) – Lorna Gold (Irlande) – Teresa Ganzon (Philippines) et Luca Crivelli (Suisse). Invitée spéciale, la Professeure Annette Pelksman-Balaoing de l’Université de Rotterdam, Pays Bas, traitera de l’influence de la globalisation sur les nations asiatiques au cours des dix dernières années.

Les participants viendront de divers pays asiatiques ainsi que de l’Australie. Dans le cadre du congrès sera célébré le 25ème anniversaire la naissance de l’Économie de Communion, le 29 mai.

Allez sur le site EoC Asia
Registre

Plus d’infos : eocasia2016@gmail.com

L’année 2016, generic c’est pour l’EdeC l’année des « noces d’argent ». Sur quoi nous concentrer et quels vœux formuler pour tous les acteurs de l’EdeC ? Nous l’avons demandé à Luigino Bruni, mind coordinateur du projet.

En 2016, here l’EdeC aura 25 ans. Comment s’ouvre cette importante étape de l’EdeC ?

Logo Edc 25 it rid mod

D’abord dans la joie, la joie d’être en vie et d’avoir grandi en 25 ans. Pour une personne, 25 ans, c’est l’entrée dans la vie adulte et professionnelle ; pour une réalité collective et mondiale comme l’EdeC, les « noces d’argent » ne sont qu’une étape sur un long chemin, mais elle montre que nous avons affaire à un mouvement capable de durer, promis à un avenir : pas un feu de paille mais une grange pleine de bon foin nourrissant et chaud.

Y a-t-il un aspect, une réalité qui te tient spécialement à cœur en ce 25ème anniversaire ?

Il y a au moins trois centres d’intérêt. Le premier, ce sont les pauvres. Dans mon cœur ils ont la primauté. Je ne pourrai jamais oublier les nombreuses fois où Chiara Lubich, alors que nous travaillions ensemble, m’a dit : « Luigino, étudie, étudie mais n’oublie jamais que c’est pour les pauvres que j’ai fait naître l’économie de communion ». En ce temps où le capitalisme,Luigino Bruni AD 2015 rid qui ressemble toujours plus à une religion païenne, oublie les pauvres, absorbé qu’il est par les nouveaux cultes de la méritocratie et de l’efficience, nous, en tant qu’économie de communion, nous avons le devoir moral et spirituel de remettre les pauvres au centre du système économique, politique et social. Le degré de civilisation d’un peuple se mesure aux conditions de vie des derniers, à leurs droits, à leurs effectives libertés. L’économie de communion est apparue sur terre pour, avant tout, répondre à l’appel des pauvres criant justice et libération. Ce cri, les entrepreneurs et tous les acteurs de l’EdeC l’ont toujours écouté et se sont efforcés d’y répondre, mais en la fête de ce 25ème anniversaire nous devrions saisir toutes les occasions de remettre l’option pour les pauvres à la première place de l’économie de communion. Bien sûr, faire de bonnes entreprises est le moyen nécessaire au but de l’EdeC (un monde sans misère), mais – l’histoire nous l’enseigne – il peut arriver que le moyen devienne peu à peu le but.

Et les deux autres centres d’intérêt ?

Sao Paulo 2015 ridLe second, c’est les entrepreneurs. 25 ans après le lancement de l’EdeC, la continuité est nécessaire, mais aussi un changement de génération, parce que le principal pilier du projet reste encore les quelques centaines d’entrepreneurs hommes et femmes qui ont adhéré à la première proposition faite en 1991. Ces « pères et mères fondateurs » sont aujourd’hui encore un pilier essentiel, mais qui ne suffit plus pour bien parvenir aux « noces d’or ». Il est urgent que de nombreux jeunes entrepreneurs adhèrent à l’EdeC en y apportant leur enthousiasme, leur jeunesse, leur créativité.
On comprend donc que le troisième centre d’intérêt auquel je tiens tout spécialement, ce sont les jeunes. Ils sont le présent, pas seulement l’avenir, parce que leur présence rend tout plus beau, plus joyeux, plus fécond. Au cours des dernières années nous avons mis en route un projet jeunes qui porte de bons fruits et que nous renforcerons en 2016 avec un grand projet d’incubateur mondial, pour la naissance de nouvelles entreprises EdeC.

Le projet d’incubateur mondial représente un saut en avant pour tout le projet et nous en parlerons donc beaucoup sur notre site, mais en conclusion, quels souhaits devons-nous tous formuler pour le 25ème anniversaire ?

Nous devons nous souhaiter les uns aux autres au moins deux choses : que cet anniversaire soit, comme tout autre, celui de la mémoire. La mémoire, dans l’humanisme biblique, n’est pas un simple rappel du passé, moins encore la nostalgie, mais c’est un retour du cœur, du cœur collectif surtout, aux moments fondateurs d’une expérience communautaire, aux grandes promesses,Sao Paulo 02 rid aux rêves, à l’alliance, pour pouvoir aujourd’hui redire, ici et maintenant, un nouveau oui, individuel et collectif. La foi a toujours besoin de renouveau car, comme le disait le grand Edgar Morin : « ce qui ne se régénère pas dégénère ».

Le second souhait est que l’année 2016 soit une année de relance à tous les niveaux de l’EdeC, mais aussi au sein du Mouvement des Focolari, qui est la « mangeoire » dans laquelle elle est née. Beaucoup de jeunes qui participent au Mouvement des Focolari ne connaissent pas le projet, mais beaucoup d’anciens doivent aussi redécouvrir une EdeC qui, tout en restant le même « petit enfant » qu’en 1991, a grandi entre temps, est sorti de la maison, a rencontré beaucoup de gens et a mûri.
Que ce soit donc une année d’annonces sur les toits, à tout le monde, et une année de nouvelle conviction que l’Économie de communion non seulement est réalisable, mais qu’elle est nécessaire au monde si nous voulons que nos enfants connaissent à l’avenir un ciel plus beau.

Du Brésil, berceau du projet Économie de Communion (EdC) des Focolari, l’histoire d’une familles parmi tant d’autres, entrées dans le programme de rejet d’une pauvreté qui semblait sans issue.

Paru dans focolare.org

151228 taguatingaCela fait impression, découvrir que dans le monde n’existent pas seulement exploitation, concurrence déloyale, jeux d’intérêts. Il y a des entrepreneurs, comme par exemple ceux qui adhèrent au projet pour une Économie de Communion (EdC) – un millier dans le monde – qui, dans le fait de poursuivre l’objectif d’un profit qui assure vitalité et continuité à leur entreprise, veulent vivre la »culture du ‘donner’ » selon les finalités du projet lui-même : l’aide aux pauvres et la formation des nouvelles générations à une telle culture. Et pour que cela se réalise, ils mettent librement, à la disposition du projet, une partie de leurs bénéfices.

Socoro et Gomesbrésiliens, habitent à Taguantinga, ville du District Fédéral. Ils sont déjà parents de six enfants, lorsqu’il perd son travail à cause de sa dépendance à l’alcool.

Pour faire vivre la famille, elle travaille comme domestique à l’heure, mais les rentrées sont très minimes et les enfants, laissés seuls, sont désorientés au point que le plus grand, devenu adolescent, se laisse prendre par la drogue. Et c’est à partir de là qu’arrive une première aide de la part des Focolari : l’insertion du jeune ado dans la Fazenda da Esperança, une communauté d’aide animée par la spiritualité du Focolare.

Un autre problème s’ajoute pour la famille et c’est celui de la maison : même si celle-ci est presque délabrée et tout-à-fait insuffisante pour une famille aussi nombreuse, ils risquent de la perdre car ils ont arrêté de payer celui qui avait anticipé l’argent. Cette problématique a été présentée à la Commission EdC de leur région. Après une analyse attentive, on leur offre un prêt pour couvrir les arriérés, à restituer dans le temps, selon leurs possibilités. Entre-temps, Gomes commence une activité avec des bonbonnes de gaz, mais à cause de son problème d’alcool, il ne réussit pas à la garder avec un bilan positif. Ce sont des temps durs pour eux. Au grave malaise économique s’ajoutent des suspensions, des différends, un manque de dialogue. Au milieu de toutes ces difficultés, lui fait également un infarctus.

Alors qu’ils ne l’attendent absolument plus, Socoro se voit offrir un travail fixe, comme domestique dans la maison d’un cardinal, qui lui régularise la situation au niveau du travail et lui donne un salaire juste. Un jour, il se rend auprès de la famille et a une conversation importante avec Gomes, qui décide d’ en finir avec l’alcool et de changer de vie.

Par la suite, ils reçoivent aussi la visite de deux membres de la Commission EdC, venus pour vérifier la situation de l’habitabilité de la maison. C’est ainsi que peu de temps après, on propose leur insertion dans le programme Habitaçao, qui, dans le projet EdC prévoit l’assainissement et la restructuration des logements des familles extrêmement pauvres. « Quand je l’ai appris – confie Socoro – j’ai ressenti une grande émotion. J’avais la sensation que c’était Dieu lui-même qui nous donnait cette possibilité ». Le travail de restructuration est réalisé en grande partie par des personnes de la communauté des Focolari, dont certaines y travaillent de 5h30 du matin à 19h le soir. Maintenant dans le logement, il y a un salon, salle à manger, une salle de bains, la chambre pour les parents, une pour les filles et une pour les garçons.

Vivre dans une maison avec de telles possibilités aide celui qui y habite à retrouver sa propre dignité. Gomes, qui s’est complètement remis de l’alcool, semble être une autre personne. Les deux filles plus grandes fréquentent l’université grâce à une bourse d’étude. « En voyant les filles aussi concentrées à étudier – raconte Gomes – j’ai moi aussi senti le désir de m’inscrire à un cours pour adultes afin d’obtenir le diplôme du niveau des moyennes secondaires ». Malgré le fait que cela fait 38 ans qu’il n’étudie plus, c’est un défi qu’il veut relever. Dans la classe, il apprend à surmonter la honte de se sentir vieux, mais avec la bonne volonté, il réussit et y arrive. Lorsque les concours se font à la Banque du Brésil et au Ministère du Tourisme, il réussit à se classifier parmi les 200 premiers et est engagé à la banque avec la qualification d’employé.

Entretien avec Muriel Fleury, visit directrice de la revue Nouvelle Cité et avec Paul Wirth, engagé dans le dialogue interreligieux en France. Propos recueillis par Radio inBlu.

Paru dans Focolare.org le 17/11/2015

Parigi rid“Nous sommes consternés et horrifiés en présence de ces massacres. Mais en même temps nous sommes très surpris par l’impact international, par toutes les manifestations de soutien et nous nous sentons responsables au regard des réponses que nous devrons donner ».

C’est la voix de Muriel Fleury, directrice de Nouvelle Cité, la revue française des Focolari, A la question posée par Radio inBlu : « Comment donc se fait-il que c’est précisément en France, où les parcours d’intégration ont précédé ceux d’autres pays européens, que l’on constate des événements de ce genre ? », elle répond :

“Si d’une part, dans notre histoire nous avons réussi à intégrer d’autres peuples, il semble qu’au cours des dernières années nous sommes restés un peu en arrière. Nous voulons une société multiculturelle, c’est-à-dire l’accueil des autres, mais sans toujours tenir compte de leur culture, de valeurs qui sont assez différentes des nôtres. C’est pourquoi tous les lieux où nous pouvons avoir des moments de dialogue, de rencontre, d’un authentique échange culturel et aussi religieux, doivent être développés. Parce que le fait de ne pas nous être rencontrés au sens vrai, fait que nous sommes aujourd’hui dans une situation tragique ».

A ce propos Paul Wirth, membre des Focolari engagé dans le dialogue interreligieux, déclare: « Je fais partie d’un groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC), qui existe dans toute la France: chaque année nous faisons une semaine de rencontre (la dernière avait débuté le 12 novembre…). Nous sentons qu’il est très important de faire connaître tout cela, pour que les personnes distinguent les vrais musulmans de ceux qui prétendent l’être, mais renvoient une image de haine ».

Et pour ce qui est de la réaction des amis musulmans face aux attentats de vendredi soir, il répond: « Beaucoup d’associations musulmanes ont rédigé des communiqués dénonçant ces actes comme barbares, inadmissibles; ces musulmans se sentent proches de toutes les victimes, de leurs familles. Aujourd’hui encore j’ai vu de nombreuses association musulmanes dire que c’est un moment difficile, mais nous, chrétiens, nous croyons que ces événements tragiques ne changent pas les relations d’amour fraternel que nous avons établies entre nous ».

Dans son analyse, Muriel Fleury, directrice de Nouvelle Cité, pointe d’autres causes de ce malaise: « Pour des raisons qui sont aussi d’ordre économique il semble que nous ayons abandonné des quartiers entiers, où désormais la police ne se hasarde plus à entrer. Et le fait d’avoir renoncé à s’occuper de cette jeunesse étrangère, de ne pas lui avoir trouvé une saine occupation, de ne pas avoir été proche d’elle, fait qu’aujourd’hui certains jeunes se sont rapprochés de groupes radicaux pseudo-religieux, qui ont enrôlé beaucoup d’entre eux en les conduisant vers un type d’intégrisme dont aujourd’hui nous voyons les résultats ».

D’où faut-il alors repartir pour recoudre un tissu aussi complexe? « Le problème – conclut Muriel Fleury – est que nous sommes en France où nous avons engendré un certain vide spirituel. La laïcité à la française a conduit à la négation de la dimension spirituelle de l’homme. Aujourd’hui il y a un nouveau chemin à faire, précisément pour développer la culture de la rencontre, du vivre ensemble. Pour ce faire, l’un des moyens sera que les religions puissent travailler ensemble, et aussi avec la République. Aujourd’hui il y a déjà des signaux qui vont dans ce sens, qui cherchent à trouver des solutions qui puissent tenir compte de toutes les voix et des diverses religions ».