Economie de Communion - La culture du don

Faire rêver les jeunes en Afrique

À la Convention EdeC Italie 2015, viagra présentation de deux projets innovateurs pour changer la vie et les perspectives des jeunes, familles et entrepreneurs africains. Comment valoriser la « culture du nous »

Par Mario Agostino

Paru dans Città Nuova le 28/09/2015

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« Accueillir l’extraordinaire dans la vie ordinaire, en exerçant notre œil à voir l’arbre qui pousse ; en effet, sans les prophètes, la vie serait pessimisme au lieu d’être une espérance qui nous unit« .
On peut résumer par ces mots de l’économiste Luigino Bruni la Convention EdeC Italie 2015, qui a réuni à Figline Incisa Val d’Arno, pour la sixième édition de LoppianoLab, plus de deux mille participants de toute l’Italie et d’au-delà.

Économie de Communion, modèle pour un nouveau départ

« Ce n’est qu’en régénérant les relations qu’on vainc la peur et que l’économie se remet en marche. Alors qu’aujourd’hui la méfiance et le pessimisme freinent la reprise en Europe et en Occident, nous avons osé regarder l’économie avec les yeux des jeunes africains – a déclaré Bruni en ouverture. Si nous voulons contribuer à la renaissance de l’économie, il nous faut régénérer les territoires, les familles, les rapports, redécouvrir et pratiquer les vertus civiles« .

« Surmonter la peur. Culture du dialogue, citoyenneté active, économie civile » : tel a été le titre de cette édition LoppianoLab 2015, promue par le Groupe éditorial Città Nuova, le Pôle Lionello Bonfanti / Économie de Communion, l’Institut Universitaire Sophia (IUS) et le Centre International de Loppiano (FI).  L’accent est mis sur le secteur économique, avec 200 entreprises en Italie et 800 dans le monde qui adhèrent à l’Économie de Communion, en mettant au centre de leur agir économique l’homme et la dimension relationnelle.

En rêvant l’Afrique

Le Congrès International EdeC de mai dernier à Nairobi a été fréquemment évoqué, et sa « vitalité » a été rappelée par Geneviève Sanzé, économiste Centrafricaine. Dans son continent une trentaine d’entreprises ont à ce jour adhéré au projet, et un réseau est né de soutien aux jeunes par des entrepreneurs EdeC. « On voudrait nous faire penser que l’économie est une science de la richesse – a-t-elle affirmé – et on croit qu’il faut pour cela aller dans les grandes métropoles. Mais avec l’EdeC, l’économie est devenue une science de la communion. Échange, dialogue, fraternité : nous avons compris à Nairobi que chacun est porteur de richesse et comprend les choses comme personne d’autre. L’entrepreneur peut, par sa créativité, enrichir son territoire, sans suivre les standards qui l’éloignent de la pauvreté des périphéries. 150925 26 Convention EdC 02 rid

Parler d’économie au plan international avec l’Afrique comme point de départ est un vraiment un processus nouveau, mais il l’est plus encore en considérant non pas ce que l’Afrique peut recevoir, mais ce qu’elle peut donner, car cela donne aux africains eux-mêmes une confiance et un élan nouveau dans les possibilités qui s’offrent à eux dans leur pays« .
L’Afrique est un continent jeune, témoignent Gloria et Melchiot qui étudient à l’Institut Sophia de Loppiano. «  Faire rêver les jeunes en Afrique, c’est éviter le phénomène de l’émigration ; c’est donc faire naître des entreprises en Afrique, y créer des emplois, y faire rêver l’Afrique« .

Deux projets EdeC

150925 26 Convention EdC 01 rid « À Nairobi sont nés deux projets économiques et on a annoncé la naissance d’une Licence en Économie de Communion à l’Université CUIB (Catholic University Institute of Buea) au Cameroun – a expliqué Anouk Grevin, économiste (Université de Nantes et Institut Universitaire Sophia) – Premier projet : en 2017 se mettra en marche l’incubateur d’entreprise « Siobhan » pour soutenir la naissance de nouvelles entreprises en Afrique. Le second projet, intitulé ‘François Neveux’, pionnier français de l’EdeC, mettra en contact des entrepreneurs du monde entier, pour donner vie à un réseau d’accompagnement économique et de gestion de projets, s’adressant surtout à de jeunes entrepreneurs ».

Recettes théoriques et pratiques contre la peur, contre laquelle il devient possible et nécessaire de mettre en place des politiques : « En ces temps difficiles – affirme Daniela Ropelato, professeur de Sciences Politiques à l’ISC – la peur est mauvaise conseillère, parce qu’elle concentre l’attention sur des facteurs négatifs. Pour savoir choisir et élaborer des propositions positives, il faut prendre de la hauteur et valoriser la culture du ‘nous’ « .

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